Traitements anti-limaces Un quad à la place du tracteur ?

Yann Kerveno Terre-net Média

Un quad au lieu du tracteur pour appliquer l’anti-limaces ? Depuis leur apparition en agriculture, de nombreux producteurs ont déjà adopté ces engins pour épandre les granulés bleus, comme Thierry Plouvier en Seine-et-Marne.

Quad et anti limaceComme les quads, le Polaris est « beaucoup plus réactif et rapide qu’un tracteur, et dégrade moins le sol », estime Thierry Plouvier, agriculteur en Seine-et-Marne. (©Thierry Plouvier)

Plusieurs arguments plaident en faveur du quad pour les traitements anti-limaces, selon Emmanuel Piron de l’Irstea de Clermont-Ferrand. « Il permet de se déplacer rapidement sur toute l’exploitation, par tous les temps et presque toutes les conditions atmosphériques. » Il s’affranchit aussi assez bien des contraintes liées à la portance des sols. « Avec un quad, vous pouvez entrer dans des parcelles humides sans risquer de creuser des ornières, ni d’abîmer le sol ou les cultures. »

« Ne pas créer d’ornières »

Toutefois, avant d’acquérir ce type de véhicule, plusieurs points doivent faire l’objet d’une attention particulière. « L’équipement du quad tout d’abord, notamment la présence d’un porte-bagage pouvant accueillir un distributeur d’anti-limaces. Ces appareils pèsent entre 60 et 100 kg, ce n’est pas anodin », poursuit Emmanuel Piron. Il faut également veiller à la puissance électrique disponible pour le distributeur. Un niveau suffisant permettra de se passer d’une batterie supplémentaire. Autant de poids en moins. Côté budget, la fourchette de prix est large : de 2.500 à plus de 4.500 € pour un quad doté d’un moteur de 250 cc. Installé en Seine-et-Marne, Thierry Plouvier est convaincu depuis longtemps des avantages du quad par rapport au tracteur pour les applications d’anti-limaces. Sur deux exploitations, il cultive 300 ha pour son compte et 200 ha en prestation de services.

25 à 100 €/ha

« J’utilise un quad depuis sept-huit ans, parce qu’il permet de passer dans les parcelles quelles que soient les conditions ou presque. C’est un matériel plus réactif et rapide que le tracteur, et qui abîme moins le sol ! Je ne voulais plus prendre le risque de créer des ornières en début d’automne, m’handicapant tout l’hiver et le printemps. » Cependant, contrairement aux tracteurs, les quads ne sont pas munis d’un système de gestion de la vitesse, qui garantit un épandage régulier. C’est pourquoi Emmanuel Piron et ses collègues de l’Irstea de Clermont- Ferrand ont développé pour De Sangosse un distributeur spécifique, le Spando, ouvrant la voie à de nombreuses innovations chez les marques concurrentes. 

Quad Grâce à leur antenne Gps, les distributeurs Spando disposent du Dpa comme les épandeurs d’engrais. (©Thierry Plouvier) 

« La difficulté : compenser l’absence de système de régulation de la vitesse, explique l’expert. Sans cet automatisme, tout se joue à la manette des gaz. Il n’y a pas non plus de débit proportionnel à l’avancement comme sur les distributeurs d’engrais. » Le Spando a donc été équipé d’une antenne Gps. « Une fois la vitesse connue, il est possible d’obtenir un Dpa. Puisque le débit d’alimentation du disque est motorisé électriquement, un calculateur prend en compte l’ensemble des informations de façon automatique. » 

Se déplacer rapidement sur toute l’exploitation, par tous les temps

« Puis il envoie l’ordre de réglage pour adapter le débit en continu en fonction de la vitesse réellement constatée, et ainsi maintenir une dose constante et conforme à l’objectif initial. »

Sans ces dispositifs, le pilote, par la régularité de sa conduite, porte la responsabilité de la qualité de distribution. L’enjeu est important. « L’anti-limaces coûte 3 €/kg. On en épand entre 4 et 5 kg/ha, ce qui revient à 12- 15 €/ha avec, selon les années, deux à cinq passages, jusqu’à sept parfois. Au final, le coût du traitement varie de 25 à 100 €/ ha. S’il est mal réparti, le produit peut être surdosé à certains endroits et sousdosé ailleurs. Les cultures risquent d’être altérées ou mal protégées. »

Un problème qui ne se pose pas avec le Spando. Thierry Plouvier a récemment ajouté un distributeur d’anti-limaces sur son semoir. Il ne se sert plus du quad qu’en couverture, pour les repasses. Pour les salariés, il a également acheté un engin à quatre roues avec volant, un Polaris. Il ne reviendrait pas en arrière sur son choix d’investir dans des matériels légers. Le plus souvent acquis vers la fin d’année à des fins de défiscalisation, les quads s’avèrent très utiles dans les fermes. « Et ce sont des engins agréables pour travailler dehors ! », conclut Emmanuel Piron.

QuadPremière chose à vérifier : la présence d’un porte-bagage pouvant accueillir un distributeur d’anti-limaces. (©Thierry Plouvier) 


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