L’agriculture 4.0 au Sia Prêt participatif, achats de tourteaux en ligne, météo, élevage d’insectes…

Terre-net Média

La tendance se confirme et les innovations continuent de fleurir en agriculture, boostées notamment par la standardisation et la démocratisation des équipements numériques. S’agissant des dernières trouvailles du secteur, AgriLend propose d’emprunter auprès de particuliers, Miimosa développe une offre dans ce sens également, Saipol vend ses tourteaux en ligne, SAP rend la donnée intelligente, Weather Measures augmente la fiabilité des prévisions météo et Entomo Farm vous transforme en éleveur d’insectes.

La Ferme digitale au Sia La Ferme digitale, exemple de l'essor de l'AgTech, voit le nombre de ses membres augmenter, comme en témoigne leur stand au Salon de l'agriculture. (©Terre net Média)

AgriLend

Fondée il y a six mois, AgriLend, est une plateforme de prêt participatif, dédiée au secteur agricole. Les sommes empruntées peuvent aller de 20 000 à 1 million d’euros (limite réglementaire) sans caution ni garantie exigée. « Agréés intermédiaires en financement participatif, spécialisés en prêts bancaires, explique François Fromaget l’un des trois associés fondateurs, nous mettons en relation via notre plateforme numérique des porteurs de projet et des prêteurs. L’agriculteur en quête d’un complément de financement ou d’un apport de trésorerie, par exemple, dépose une demande en ligne et nous lui garantissons une réponse sous trois jours après analyse de sa situation et estimation du niveau de risque par nos experts. »

Après acceptation du dossier, la campagne de collecte dure 30 jours. Les entreprises sélectionnées empruntent ainsi de l'argent auprès des particuliers pour financer leur projet en échange d'une rémunération des prêteurs de 3 à 8 % d'intérêts annuels sur une période allant de 1 à 7 ans. Il est possible de prêter de 50 à 2 000 € par projet sans frais. Les épargnants reçoivent leurs remboursements et intérêts chaque mois sur leur portefeuille électronique et peuvent transférer cet argent sur leur compte bancaire à tout moment. « Assurance par Groupama Gan, plan de continuité d’activité avec la BPCE et partenariat avec Recogest contre la fraude ou le défaut de paiement, protègent les différentes parties prenantes. »

 

FeedMarket.fr

Pour répondre à une demande croissante des éleveurs "Fafeurs" (fabricants d’aliments à la ferme), Saipol, filiale du groupe Avril a ouvert, en janvier 2018, une plateforme d’achat de matières premières : tourteaux et huiles végétales brutes de colza et tournesol, et tourteaux de soja origine France (non OGM) ou non (OGM). « Près de 7 000 t de tourteaux ont été vendus sur le premier mois d’activité », se félicite Fabien Kay, responsable communication. « Nous compléterons prochainement l’offre avec des mélanges simples de protéines et minéraux en formulations prêtes à l’emploi, mais sans aller jusqu’à concurrencer les fabricants d’aliments du bétail également clients et éventuels futurs partenaires de la place de marché. La plateforme est accessible à tous gratuitement sur simple inscription. Chacun peut consulter les cotations des différents aliments, se créer des alertes prix, acheter - du lundi 8h au vendredi 20h non-stop - et « se positionner jusqu’à 15 mois, pour planifier les livraisons sur plusieurs mois par exemple en profitant des meilleurs prix ». La commande minimum s’établit à un camion départ usine ou livrée. « L’éleveur trouve sur Feedmarket le prix, la logistique et la disponibilité 24h/24. » L’accès aux fiches techniques pour chaque produit aide également à répondre aux exigences de certaines appellations ou démarches labels.

 

Miimosa

La bien connue plateforme de financement participatif dédiée à l’agriculture élargit son champ d’action, jusqu’à maintenant centré sur le don avec contrepartie. Miimosa se lance dans le prêt rémunéré. « L’agriculteur, détaille Sophie Cucheval, directrice des opérations, peut emprunter rapidement et simplement entre 15 000 et 200 000 € auprès de citoyens qu’il s’engage à rembourser sur 3 à 84 mois (7 ans) à un taux d’intérêt de 2 à 5 %. En face, un particulier accède à un nouvel outil d’épargne en prêtant entre 50 et 2 000 € par projet sur lesquels il perçoit des intérêts. Une contrepartie en nature peut également être proposée. » Le taux d’intérêt est fixé en fonction du niveau de risque évalué par les analystes de Miimosa. « Pour des montants importants, le prêt est plus intéressant. Le porteur de projet bénéficie d’une communication, de la notoriété du site et fidélise une clientèle tout en trouvant là une alternative, pour le financement d’un emploi par exemple, ou un complément possible à un prêt bancaire. »

Les entreprises sont également mises à contribution à travers une nouvelle plateforme qui doit voir le jour au printemps, Miimosa Transition, pour accompagner la transition agro-écologique des exploitations agricoles. Miimosa s'est aujourd’hui rapproché de Danone, D’aucy et Rougeline, qui souhaitent accompagner leurs agriculteurs vers l'agriculture biologique ou de conservation, l'agroforesterie, le bien-être animal ou la production d’énergie verte. Le dispositif repose également sur le prêt participatif auprès des citoyens mais les structures de l’aval s’impliquent et s’engagent à accompagner leurs adhérents dans la démarche, voire par un cofinancement direct.

 

SAP

SAP développe des applications numériques pour les entreprises. Pour sa première participation au Salon de l’agriculture, l’entreprise présente des solutions concrètes d’agriculture connectée. SAP a ainsi conçu une plateforme cloud « SAP Connected Agriculture » permettant de traiter et analyser les données capturées par les drones, capteurs au sol et autres technologies IoT (Internet des Objets) en temps-réel afin qu’elles soient capables d’engager un processus en réponse.

En amont, la donnée ainsi obtenue permet, par exemple, d’optimiser les récoltes à partir d'un diagnostic au champ et l’analyse prédictive des périodes idéales de chantier. Des objets connectés (capteur plein champ, drone, distributeurs embarqués) remontent les informations pour établir un diagnostic et rationaliser l’usage des produits phytos. En aval, elle facilite la logistique : gestion des stocks, livraisons, optimisation du temps d’attente aux silos, mais aussi traçabilité. L’analyse prédictive maintient en conditions opérationnelles les installations industrielles ou le parc de matériels roulants scrutés en temps réel. SAP présente également les solutions de certaines start-up partenaires comme le service de réassurance pour les céréaliers de Météo Protect, en se basant sur 40 années de données météorologiques, ou les capteurs enterrés de Pessl.

 

Weather Measures Expert en météorologie de précision, Weather measures s’adresse aux fournisseurs et utilisateurs de données météo. « Notre objectif, explique Emmanuel Buisson, président, est de compléter les données fournies par des stations existantes avec celles issues des mesures radar, satellites, de Météo France ou de modèles internationaux retravaillées à l'aide d'algorithmes. » Ce service, Concentré Météo, doit permettre d'augmenter la fiabilité des prévisions, améliorer le conseil agronomique et la précision des modèles et OAD basés sur les données climatiques. « En historique, temps réel ou prévisions, nous fournissons ETP, rayonnement, température, vent, humidité et précipitations avec une précision au km² et jusqu’à 4 ha de surface selon les zones. »

 

Entomo Farm Basée à Libourne (33), Entomo Farm est une société spécialisée dans l'élevage d'insectes, en l'occurrence le ténébrion. Les débouchés s’ouvrent peu à peu pour les produits issus de la transformation de ses larves. C’est le cas de l’aquaculture et du secteur des animaux de compagnie pour lesquels la législation s’est assouplie en juillet 2017. « Concrètement, un marché d’un million de tonnes s’est ouvert alors, explique Grégory Louis, fondateur d’Entomo Farm. Pour la suite, les relais de croissance sont nombreux, d’autant qu’il sera bientôt possible d’adresser nos produits aux filières porcines et avicoles et à la consommation humaine. »

« Notre projet principal et actuel, et la raison de notre participation au salon, concerne le développement de notre réseau d’Entomo farmers, des agriculteurs partenaires à qui nous confions la phase de croissance de nos insectes, dans une relation gagnant gagnant. Les prix de rachat seront, ainsi, constants et définis pour 5 à 7 ans. L’objectif est de leur garantir un bon retour sur investissement. »

En pratique, les insectes adultes pondent sur un substrat de son de blé. Le substrat et les œufs sont placés dans des bacs, appelés Entomo box. Pour un développement optimal, ils doivent être stockés à 27°C, sous hygrométrie maîtrisée. Le substrat sert de nourriture aux larves auxquelles il faut cependant apporter quotidiennement de l’eau. Les larves vont consommer l’intégralité du son de blé, peu à peu remplacé par leurs déjections. Après 60 jours, Entomo Farm récupère les caisses. Les larves sont déshydratées et vendues en l’état, ou pressées et séparées en farine et huile. Entomo Farm développe, entre autres, des partenariats avec l’agro-alimentaire pour les farines hyper protéinées, les cosmétiques pour l’huile, riche en acides gras insaturés, et les fabricants d’engrais pour la matière organique.

En 2019, la production représentera plus de 1 000 tonnes de ténébrions frais par an, soit 250 tonnes de farine, 90 000 litres d’huile et 2 250 tonnes de matières organiques. D’ici cinq ans, Grégory Louis annonce « 5 sites de production en France qui compteront chacun 100 agriculteurs partenaires, 80 employés et une capacité de 25 000 t de produits commercialisables ».


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