Loi d’urgence, planification, la FNSEA et JA interpelleront les politiques au Sia

Après trois hivers de mobilisation, les agriculteurs restent encore en attente de réponse et profiteront du salon de l’agriculture pour le faire savoir. Du côté des syndicats, les approches divergent : la Confédération paysanne a annoncé boycotter l’inauguration, déplorant « l’absence de remise en cause de l’abattage total et de mesures de protection structurelle pour le revenu paysan » dans les différentes annonces du gouvernement, tout en étant présente sur le salon pour faire entendre sa voix. La Coordination rurale sera elle aussi présente mais « refuse de cautionner un Salon international de l’agriculture devenu une vitrine soigneusement mise en scène, loin des réalités brutales que vivent les agriculteurs », a indiqué le syndicat le 18 février. Ce dernier estime également que l’organisation est « verrouillée », « sous l’influence de la FNSEA » (ndlr : le président du Sia, Jérôme Despey, est également vice-président de la FNSEA), et demande à y participer.

Le salon, un « moment de vérité » pour la FNSEA

Si l’évènement doit rester un moment de « joie » et de « convivialité », il constitue également un « révélateur des propositions politiques », a rappelé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, devant la presse le 18 février. La vitrine ne doit pas masquer une « vérité glaçante : on continue à perdre de la production et des exploitations », a-t-il ajouté.

Pour le président de la FNSEA, il est indispensable de profiter du passage des décideurs politiques pour rappeler les enjeux. Il s’agit, d’abord, de la loi d’urgence agricole, promise avant l’été mais dont le passage à l’Assemblée nationale pourrait n’avoir lieu qu’à la rentrée, déplore Arnaud Rousseau. Le syndicat entend ainsi mettre en avant ses propositions sur les différents volets du texte. Concernant l’usage de l’eau, le syndicat souhaite limiter les zonages, faire prendre en compte l’usage agricole de l’eau comme un usage alimentaire, ou encore renforcer la présence des agriculteurs dans la gouvernance des comités de bassin. Sur les moyens de production, la FNSEA voudrait systématiser les reconnaissances mutuelles pour les autorisations de mise en marché au niveau européen, ou encore tenir compte davantage des nouvelles technologies, comme les drones. Plus généralement, le syndicat entend inscrire dans le texte le principe de souveraineté agricole, qui sous-entendrait une non régression de la production agricole et l’équilibre économique des exploitations, explique Arnaud Rousseau.

Luc Smessaert vice-président de la FNSEA et Arnaud Rousseau président de la FNSEA le 18 février.
Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, et Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le 18 février. (© Terre-net Média)

Ces mesures seront par ailleurs étoffées par des propositions à plus long terme sur l’avenir de l’agriculture, alors que les candidats à l’élection présidentielle – déclarés ou non – seront présents au salon.

Pour Jeunes Agriculteurs, porter les « contrats d’avenir »

Jeunes Agriculteurs compte également interpeller les responsables politiques sur l’avenir, en axant sur la planification et le développement des contrats d’avenir, auxquels le gouvernement a exprimé son soutien, et que le syndicat souhaite voir intégrés dans la loi d’urgence.

Pierrick Horel président de JA et Quentin Le Guillous secrétaire général de JA le 18 février.
Pierrick Horel, président de JA, et Quentin Le Guillous, secrétaire général de JA, le 18 février. (© Terre-net Média)

« Le modèle basé sur les volumes et les prix ne fonctionne plus », constate Pierrick Horel, président de Jeunes agriculteurs, mais il estime « qu’on a peut-être une voie de passage en France par la contractualisation ». Avec les contrats d’avenir, il s’agit d’accompagner les producteurs vers des productions plus porteuses, par exemple de nouvelles filières comme la pistache, ou la grenade, mais également d’en développer au regard des besoins de la transformation, à l’image de la poire d’industrie, ou encore de ramener de l’élevage dans certains territoires, notamment les zones intermédiaires, a expliqué le syndicat lors d’une conférence de presse également organisée le 18 février.

Pour les financer, JA mise dans un premier temps sur le reliquat de la conversion en agriculture biologique, mais espère à plus long terme la mise en place d’une taxe sur les produits d’importation, un dispositif aujourd’hui impossible à mettre en place pour des raisons réglementaires.

« Si on ne s’organise pas politiquement, financièrement, collectivement, on ratera l’objectif de planification et de reconquête alimentaire », a insisté le président de JA, qui espère voir plusieurs milliers de contrats d’avenir signés d’ici la fin de l’année.

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