; L'UNAF et ses12 mesures pour sauvegarder les abeilles

Congrès européen de l'apiculture À Quimper, les apiculteurs lancent un appel pour sauver les abeilles

AFP

Supprimer la dépendance aux pesticides, végétaliser les villes... Les associations d'apiculteurs ont appelé vendredi à Quimper à la mise en place « rapide » de douze mesures agricoles « indispensables pour la sauvegarde des abeilles », frappées par une forte mortalité.

« L'apiculture connaît une situation très préoccupante. Les mortalités restent très élevées : autour de 30 % en moyenne par an. Imaginons si c'était le cas pour les autres filières (agricoles), elles seraient sans doute prises en considération plus que nous », a regretté Christian Pons, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), en ouverture du Congrès européen de l'apiculture. « Les récoltes sont de plus en plus irrégulières et aléatoires », a-t-il souligné.

« Les causes, nous les connaissons tous : ce sont les pesticides, la monoculture intensive, la dégradation de notre environnement, le varroa (un parasite, ndlr), les maladies, le frelon asiatique », a-t-il énuméré. « A tout cela, on doit ajouter les bouleversements climatiques : les sécheresses, les canicules, les gelées tardives, les vents, les tempêtes, les incendies ».

Après avoir affronté la pire récolte de leur histoire en 2021 « avec moins de 10 000 tonnes de miel récoltées », les apiculteurs français devraient cette année produire entre 12 000 et 14 000 tonnes de miel, selon l'Unaf.

« Nous sommes bien loin des 32 000 à 33 000 tonnes que nous récoltions dans les années 1997-1998 », a pointé Christian Pons, qui a souligné que les importations représentaient désormais « les trois quarts de la consommation française de miel ».

Dans un appel signé notamment par l'Unaf, le syndicat national d'apiculture (SNA) ou la Confédération paysanne, les apiculteurs appellent à « supprimer la dépendance agronomique et économique aux pesticides », à « arrêter la course à l'agrandissement des exploitations » agricoles et à « adapter l'agriculture au dérèglement climatique par un accroissement de la diversité végétale ».

Les insectes pollinisateurs « permettent la production des deux tiers des fruits et légumes et 80 % des fleurs », rappellent-ils en listant 12 « mesures agricoles d'urgence, faciles à mettre en place, favorables aux abeilles et aux pollinisateurs ».

Présent à l'ouverture du congrès, le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard (ex-PS) a salué « l'énergie » et « l'enthousiasme » des apiculteurs, sans toutefois s'engager à signer l'appel.


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