Contrat de solutions Après deux ans d’existence, un premier bilan et des résultats

Terre-net Média

Lancé en 2017 à l’initiative de la FNSEA et d’une quarantaine d’organisations du monde agricole, le Contrat de solutions, désormais structuré en association, a livré le 7 novembre ses premiers indicateurs de résultats et dévoilé sa stratégie de déploiement, dans un contexte de forte pression sociétale en matière de réduction des produits phytosanitaires.

Le Bureau du Contrat de solutions présente les indicateurs de résultats et les perspectivesLe bureau du Contrat de solutions présente les indicateurs de résultats et les perspectives (©Terre-net Media)  

Le Contrat de solutions, créé en novembre 2017 par une quarantaine d’organisations agricoles (syndicats, instituts techniques, entreprises, chambres d’agriculture...), a pour objectif de proposer aux agriculteurs des outils et des méthodes efficaces et économiquement viables pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.

Présentées sous formes de fiches, ces solutions sont régulièrement complétées et enrichies. La troisième version du contrat, publiée en juillet, compte ainsi 12 fiches supplémentaires pour un total de 69 fiches actuellement. Pour gagner en visibilité et faciliter la mutualisation des travaux, le Contrat de solutions s’est également constitué en association le 9 juillet dernier. Le 7 novembre, le président Eric Thirouin et les membres du bureau de la nouvelle association ont dressé un bilan de ces deux premières années et expliqué leur stratégie pour déployer les solutions auprès des agriculteurs. 

Des résultats observables

Chaque fiche comporte des objectifs de déploiement, qui sont en bonne voie, a expliqué Eric Thirouin. Ainsi, les surfaces couvertes par l’outil d’aide à la décision (OAD) pour optimiser les traitements contre le mildiou sur les pommes de terre (fiche 14) ont progressé de 10 % entre 2018 et 2019. L’OAD permettant d’optimiser les traitements contre le mildiou et l’oïdium sur la vigne (fiche 15) a quant à lui vu ses connexions augmenter de 20 % entre 2017 et 2018. Enfin, 494 000 hectares étaient couverts par l’OAD destiné à optimiser les traitements contre la maladie du blé en 2019 (fiche 46) soit une progression de 14 % en un an. « L’objectif était le triplement des surfaces pilotées par cet outil d’ici cinq ans, nous sommes sur la bonne trajectoire », commente le président du Contrat de Solutions.

De même, les variétés de pommes de terre résistantes au mildiou ont vu leur utilisation progresser de 11,5 % (en surface) entre 2018 et 2019. Les variétés de betteraves tolérantes aux maladies foliaires ont quant à elles connu une hausse de 8 % de leur utilisation entre 2017 et 2018. « L’objectif de couvrir 50 % des surfaces cultivées avec ces variétés en 2021 semble possible », estime le président du Contrat de solutions.

Répondre aux besoins des agriculteurs

« On est dans le juste, on est extrêmement sollicité par les agriculteurs sur tout le territoire. On est dans l’actualité et dans l’attente du consommateur, du citoyen » poursuit Eric Thirouin, qui regrette à ce sujet le blocage politique dont ont été victimes les chartes riverains, préconisées par la fiche 36. « Il y a un an et demi, il nous semblait important de renouer un dialogue avec les Français qui n’ont plus beaucoup de liens avec le monde agricole. On souhaitait, à travers ces chartes, rappeler tout ce qui incombe aux agriculteurs et inscrire nos engagements pour aller de l’avant. Malheureusement, les préfets ont reçu l’ordre de ne pas signer les chartes », explique le président de l’association.

Certains départements, comme l’Eure-et-Loir, ont cependant réussi à signer la charte. Si elles n’empêcheront pas la promulgation de décrets sur le sujet des zones de non traitement, Eric Thirouin espère que l’existence des chartes permettra, là où elles existent, une réduction des dispositifs demandés d’un point de vue réglementaire.

Cependant, l’objectif premier du Contrat de solutions reste de proposer aux agriculteurs un maximum de solutions en matière de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Plusieurs actions vont être menées en ce sens dans les prochaines semaines, à travers l’accompagnement de quatre régions pilotes (Centre Val de Loire, Normandie, Pays de la Loire, et Provence Alpes Côtes d’Azur). Le 18 novembre, un webinar de deux heures est organisé à 17h30, à destination des agriculteurs qui pourront échanger autour de trois thématiques : gestion des adventices, biocontrôle, numérique, explique Philippe Noyau, vice-président de l’association et président de la Chambre d’agriculture de Centre Val-de-Loire.

Autre évènement à venir, le 12 décembre, un forum du Contrat de solutions sera organisé à Paris, dans les locaux de l’APCA, avec deux objectifs : sensibiliser les parlementaires, les ONG et les associations de consommateurs, et « s’ouvrir à l’innovation », en allant trouver des innovations en cours de développement au sein des start-ups, annonce Eric Thirouin, toujours dans l’idée « d’aller chercher encore plus de solutions et de les déployer encore plus vite ».


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