[Bourse Nuffield 2021] Témoignages Partir en voyage d'étude à l'étranger pour pérenniser son installation

Terre-net Média

Plus que quelques jours pour postuler à la bourse Nuffield 2021 et pouvoir ainsi partir en voyage d'étude à l'étranger. Chaque année depuis presque 40 ans, elle permet d'aider financièrement un à trois bénéficiaires, en priorité des agriculteurs. Maxime Moinard et Olivier Glinec ne regrettent pas leur expérience à travers le monde qui leur a permis de découvrir d'autres pratiques et de faire évoluer leur exploitation pour assurer sa pérennité et celle de leur installation.

voyages d etude agricoles a l etrangerUn voyage d'étude à l'étranger : une opportunité pour voir d'autres techniques pour peut-être les mettre en place sur son exploitation. (©Aurélien Viala, Fotolia // Création Terre-net Média) 

Depuis la création de la Bourse Nuffield en 1982, 1 600 lauréats de plusieurs pays ont pu réaliser un voyage d'étude un peu partout sur la planète. Pour candidater en 2021, il faut avoir moins de 45 ans, une expérience professionnelle dans le secteur agricole et surtout « envie de réfléchir et trouver de nouvelles idées » dans le domaine de l'agriculture. Parler anglais est aussi obligatoire, comme pouvoir se libérer 12 semaines dans les deux ans suivant la sélection. Attention, la date limite de dépôt des dossiers est le 15 octobre. À la clé : 12 000 € pour chaque personne sélectionnée, trois au maximum et prioritairement des agriculteurs.

La bourse Nuffield : mode d'emploi
  • < 45 ans
  • Expérience professionnelle agricole
  • Parler anglais
  • 12 semaines de voyage d'étude
  • Une aide de 12 000 €
  • Candidature avant le 15/10 sur www.nuffieldfrance.fr 

> Maxime Moinard, producteur en Vendée : « À la recherche de solutions innovantes »

maxime moinard polyculteur eleveur en vendee (©idele)Maxime Moinard a bénéficié de ce soutien financier en 2016. Polyculteur-éleveur bovin en Vendée, il « cherchait des solutions innovantes pour pérenniser l'exploitation familiale ». Ayant « fait le choix de travailler à l'étranger » avant de s'installer sur la ferme, en Afrique de l'ouest notamment, il voulait encore un peu « parcourir le monde pour rencontrer d'autres exploitants agricoles et élargir son champ de vision ». En particulier, il souhaitait « étudier les principaux modes de valorisation des effluents d'élevage », dont « la méthanisation » mais également « la transformation par les insectes, les algues et d'autres organismes aquatiques ». Grâce à cette bourse, il a pu visiter de nombreux méthaniseurs aux Pays-Bas, Royaume-Uni et Canada.

« Un investissement pour l'avenir »

Sortir du contexte de son exploitation pour avoir une vision plus globale.

L'expérience ne s'arrête pas une fois revenu en France : le réseau Nuffield organise des rencontres internationales qui permettent « de sortir du contexte de sa ferme pour avoir une vue plus globale de l'agriculture », estime le jeune homme. Ce qui l'a le plus marqué : « les échanges de points de vue entre éleveurs aux spécificités et approches bien différentes, du producteur de bisons canadien à celui très extensif de bovins en Australie, en passant par le petit élevage irlandais de quelques moutons. »

« Cette diversité souligne la nécessaire adaptation au contexte local et montre que chaque agriculteur est expert sur son exploitation et aussi le mieux placé pour en expliquer la logique. » Certes « il n'est pas facile de quitter sa ferme pour trois mois mais c'est un investissement pour l'avenir », conclut Maxime. D'autant qu'on peut continuer, tout au long de sa carrière, à « côtoyer ce vivier de producteurs ouverts d'esprit qui constitue un riche carnet d'adresses ». Et donne la possibilité de « continuer à suivre ce qui se fait dans le monde agricole à l'échelle planétaire », ajoute Yannick Laban qui a remporté la bourse en 2019

Côtoyer un vivier de producteurs ouverts d'esprit, quel carnet d'adresses !

« Le métier d'agriculteur à travers le monde  »

> Olivier Glinec, exploitant en Bretagne : « Que diraient Tim, Janush ou Big Pete ? »

olivier glinec eleveur laitier en bretagne (©idele)Olivier Glinec, lui, a obtenu la bourse il y a déjà presque 20 ans. Cet éleveur laitier recherchait « un meilleur équilibre à travers un système plus extensif ». En 2001, il décide avec son frère de passer à une traite par jour. Mais rien de tel que d'aller observer les néo-Zélandais qui pratiquent cette technique depuis quelque temps déjà ! À la fin de son voyage finalement, il choisit de s'orienter vers une autre pratique fréquente dans ce pays : l'arrêt de la traite deux mois en hiver. Via la démarche Nuffield, il a même fait « un tour du monde : Irlande, Angleterre, Japon, Australie », avec un focus sur l'agriculture européenne et ses instances à Bruxelles.

Recevoir à son tour des boursiers étrangers sur sa ferme.

« Ce que je retiens de cette aventure, au-delà des aspects techniques, c’est surtout la façon dont les agriculteurs que j’ai croisés appréhendaient leur métier, leur vie et l'environnement mondial, ainsi que la manière dont ils ont relevé les défis rencontrés sur leur route. À tel point que 20 ans plus tard, je me demande encore parfois ce que diraient Tim, Janush ou Big Pete devant certaines petites difficultés franco-françaises… » Maintenant, Olivier reçoit à son tour des boursiers dans sa ferme bretonne car « expliquer ce qu'on fait à quelqu'un d'autre aide à se remettre en question ».

Vu sur Web-agri, un reportage sur le système herbager d'Olivier et Jean-François Glinec : « Nos vaches à 4000 l sont plus rentables que celles à 10 000 »
Source des informations : institut de l'élevage, idele.

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