Tour de France des Fermes d'avenir Coup d'envoi du FAT, le premier tour de France des fermes agro-écologiques

AFP

Avec un demi hectare de terres, « plus petite ferme de Bretagne et plus grosse de l'agglomération rennaise » où il cultive une quantité faramineuse de fruits, légumes, céréales et plantes sauvages, Mikaël Hardy promeut la permaculture. Il coordonnera l'étape rennaise du Tour de France des Fermes d'avenir (FAT) qui démarre jeudi à Metz.

Légumineuses et céréalesLes associations de céréales et légumineuses sont une des pistes à suivre pour une agriculture économe en intrants. (©Terre-net Média)

A 37 ans, ce naturaliste de formation, qui énumère savamment les propriétés de chaque végétal, ambitionne avec « Perma G'Rennes » de « créer une activité économiquement viable tout en produisant de la biodiversité et du lien social avec les urbains ».

« On a rendu l'agriculture compliquée avec le système productiviste, il faut du gros matériel, beaucoup d'investissements, et c'est la course au rendement, explique-t-il à l'AFP. Avec ce Tour de France, on veut montrer au public qu'on peut s'installer facilement sur des micro-fermes intensives, dont le rendement est supérieur aux fermes conventionnelles. C'est une agriculture simple, même si on ne vient pas du métier, et qui ne nécessite pas d'endettement excessif. »

Pendant trois mois, à raison de 30 étapes, le Tour de France des Fermes d'avenir « dédié à l'agro-écologie » proposera aux citoyens de sillonner la France pour « découvrir les initiatives locales qui préfigurent le monde rural de demain ». Ce festival itinérant vise à promouvoir une alternative au modèle agroindustriel. Au programme : des visites de fermes ainsi que des débats et concerts organisés dans des villages éphémères, qui assureront aussi restauration et camping.

L'initiative revient à l'association tourangelle Fermes d'avenir, créée en 2013, dont le projet fondateur est une ferme maraîchère expérimentale d'1,4 ha. « Notre modèle agricole ne fonctionne pas, il détruit les sols, la biodiversité, l'emploi. L'agro-écologie n'est pas une solution, c'est la seule », revendique le porteur du projet, Maxime de Rostolan, adepte de biomimétisme.

"Faire de l'agriculture autrement"

Si beaucoup des fermes-étapes sont labellisées bio, ce n'est pas le cas de toutes. Maxime de Rostolan va encore plus loin, et plaide pour des fermes « bio plus plus », qui « prennent en compte la biodiversité et permettent aux agriculteurs de prendre trois semaines de vacances par an ».

En ligne de mire, des fermes « à taille humaine », pourquoi pas inspirées de la permaculture, terme qu'il définit comme « une méthode de conception d'écosystèmes humains équilibrés ». « Si on veut un écosystème équilibré, on ne peut pas manger du poison, polluer l'eau ou détruire l'emploi », défend-il.

A Chavagne (Ille-et-Vilaine), une ferme bio, Les Petits Chapelais, participera aussi au FAT. Depuis 1998, son exploitant Gilles Simonneaux travaille, sur 110 ha, à « faire de l'agriculture autrement ». Même s'il ne se revendique pas de la permaculture, dont le modèle économique doit, selon lui, « encore faire ses preuves », il juge le modèle agro-industriel « dangereux » et se reconnaît dans l'idée de « favoriser la vie du sol et de produire plus sur de petites surfaces ».


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