« Appel des coquelicots » Des citoyens demandent la fin de « tous les pesticides », les agris s'organisent

Amélie Bachelet avec AFP Terre-net Média

Après les oiseaux, les abeilles, les inondations,... maintenant les coquelicots. L'agriculture est une nouvelle fois pointée du doigt. Une centaine d'activistes et de simples citoyens réclament l'interdiction de « tous les pesticides » de synthèse dans un « appel des coquelicots » ouvert aux signatures et lancé mercredi dans un Charlie Hebdo spécial pesticides. Face à cet appel, les agriculteurs s'organisent sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Mescoquelicots pour montrer que cette fleur est toujours présente dans les champs mais qu'il s'agit d'une adventice dangereuse pour les cultures.

« Nous voulons des coquelicots ! », dit le texte dans Charlie Hebdo. « Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée, le tiers des oiseaux a disparu en quinze ans, la moitié des papillons en 20 ans, les abeilles et les pollinisateurs meurent... Non, nous ne voulons plus, à aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l'interdiction de tous les pesticides ». Le journaliste spécialiste des questions environnementales Fabrice Nicolino, grièvement blessé lors de l'attaque jihadiste contre Charlie Hebdo en 2015, est à l'origine de l'appel, signé notamment par l'évêque de Troyes Marc Stenger, la chanteuse Emily Loizeau et de nombreux anonymes. Pour lui, « au fond, on est confronté à une sorte d'apocalypse, quelque chose de fulgurant, dévastant les différentes formes de vie ». « On ne veut plus des discussions sur la dangerosité des pesticides, ça a épuisé une génération et ça ne sert à rien. Une société démocratique a le droit de dire ce qu'elle veut ou ne veut plus », ajoute le président de ce « Mouvement des coquelicots », qui publie mercredi un livre-manifeste, Nous voulons des coquelicots (ed. LLL), avec le directeur de l'ONG Générations futures François Veillerette.

Pour ce numéro spécial de Charlie Hebdo, une quinzaine de membres de la rédaction a soumis quelques cheveux à analyse. Selon Fabrice Nicolino, le laboratoire missionné a décelé entre 34 et 50 substances toxiques (sur 140 recherchées) telles que du lindane, un insecticide interdit en France depuis 1998, ainsi que des bisphénols. Les porteurs de l'appel espèrent recueillir en deux ans 5 millions de soutiens en France. « On pense que la société française est capable de se lancer dans cette aventure, pour sortir des pesticides », « une tragédie pour la santé », dit encore Fabrice Nicolino, qui espère que le port de la cocarde en forme de coquelicot deviendra « viral », « comme la main de SOS Racisme il y a 30 ans ».

Les agriculteurs s'organisent 

Sur les réseaux sociaux, les agriculteurs s'organisent pour montrer que le coquelicot n'a pas disparu et pour expliquer qu'il s'agit d'une adventice dangereuse pour les cultures, d'où l'importance de la maîtriser. Ils ont ainsi lancé le hashtag #Mescoquelicots.


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