[Reportage] Installation Emmanuel d'Hardivilliers vit sa première moisson en tant que jeune agriculteur

Terre-net Média

Cette moisson 2018 est la première pour Emmanuel d'Hardivilliers, installé depuis quelques mois dans l'Oise. Il confie le volant de sa nouvelle moissonneuse-batteuse à son frère le temps de nous présenter son parcours et les clés, selon lui, d'une installation réussie.

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A u cœur du département de l’Oise, la moisson se termine pour Emmanuel d’Hardivilliers. Une moisson pas comme les autres, car c’est la première qu’il vit en tant que jeune agriculteur. Diplômé ingénieur à l’Esa d’Angers en 2015, il a d'abord travaillé comme analyste financier dans une banque à la suite de son alternance. En 2016, une opportunité s’offre à lui de suivre sa vocation : la reprise d’une exploitation agricole de 160 ha à proximité de celle de son père. Emmanuel, qui ne pensait pas s’installer si tôt, saute le pas. Débute alors un  « parcours du combattant », précise le jeune agriculteur : 18 mois de démarches administratives pour une  installation effective en 2017.

Assolement de l'exploitation pour la campagne 2017-2018
  • Blé : 50 ha
  • Escourgeon : 22 ha
  • Colza : 16 ha
  • Betteraves : 20 ha
  • Pois verts : 13 ha
  • Pommes de terre fécule : 7 ha
  • Maïs grain : 8 ha
  • Pâtures : 20 ha

Les challenges ne font que commencer

Emmanuel, qui donnait auparavant un coup de main le week-end et pendant les vacances dans la ferme familiale, devient maintenant le seul décisionnaire de sa structure. Il doit gérer les investissements, décider des itinéraires culturaux, etc., et réaliser les traitements phytosanitaires, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. Pour cette première campagne, Emmanuel choisit de diversifier son assolement (par rapport à celui de son père notamment) en introduisant la pomme de terre fécule, une culture où il doit tout apprendre. 

Pour limiter les charges, Emmanuel décide aussi d'investir dans une moissonneuse-batteuse en commun avec son oncle afin de récolter les champs des trois exploitations (la sienne et celles de son oncle et de son père, qui faisaient auparavant appel à une ETA). En tout, Emmanuel moissonne 350 à 400 ha. Heureusement, la ferme de son oncle est située dans un secteur plus tardif, ce qui simplifie l'organisation des chantiers. Mais l'agriculteur doit prendre en main cette nouvelle machine, apprendre à l'entretenir, etc.

« Il faut vraiment savoir bien s'entourer »

« Agriculteur n'est pas un métier facile, reconnaît Emmanuel d'Hardivilliers. Il faut être à la fois un chef d'entreprise , un agronome , un trader , ... ». Il est donc important de «  savoir bien s'entourer  », nous confie le jeune agriculteur. Pour son installation et la prise de décisions stratégiques, il est aidé par sa conseillère de gestion. Et pour le suivi des cultures, il est accompagné par le technico-commercial de sa coopérative. Son père le conseille aussi au niveau agronomique, mais aussi pour les investissements. Le jeune agriculteur peut aussi compter sur le salarié de son père en mécanique, qui a « à cœur de lui transmettre son savoir ». Emmanuel fait également partie d’un groupe de tours de plaine animé par la Chambre d’agriculture de l’Oise, regroupant des agriculteurs récemment installés. À la clé : des échanges d'expériences dans des domaines variés tels que l'agronomie, l'organisation du travail, la gestion, etc.

Si c'était à refaire ? Emmanuel ne regrette pas son choix, mais insiste sur l'importance « de maîtriser son système avant de diversifier son exploitation ou de s'aventurer dans des choses plus compliquées ».

Retrouvez, en vidéo, les projets d'Emmanuel pour les années à venir
Par la suite, Emmanuel envisage l'arrivée de son frère sur la ferme, au départ à la retraite de leur père. Tous les deux pensent déjà à diversifier l'exploitation via de nouvelles cultures mais aussi de nouveaux systèmes.

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