En Allemagne Chaque année, 5 % des agriculteurs bio jettent l’éponge faute de rentabilité

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Les 23.000 producteurs convertis à l’agriculture biologique sont trop peu nombreux pour faire face à la demande croissante des consommateurs. Leurs produits peu compétitifs sont concurrencés par des importations massives bon marché.

Logo Agriculture biologique de l'UNion européenne. L'agriculture biologique est devenue une filière européenne ouverte à la concurrence mondiale. Le logo Agriculture biologique de l'Union européenne. L'agriculture biologique est devenue une filière européenne ouverte à la concurrence mondiale. (©Commission européenne.)Le succès des produits issus de l’agriculture biologique ne se dément pas en Allemagne mais il ne profite plus à ses agriculteurs convertis. Le marché a réussi à imposer ses règles dans un secteur où ils pensaient en être affranchis. Leurs productions sont exposées à la mondialisation des échanges commerciaux et à la concurrence comme n’importe quel autre secteur agricole. C’est ce que révèle le quotidien Le Monde dans un article paru le 23 avril 2014 en s’appuyant sur le témoignage de Hans Hinrich Hatje, agriculteur bio dans le Schleswig-Holstein pendant plus de 20 ans.

« L’agriculture biologique s’est éloignée des valeurs pour lesquelles j’avais abandonné le conventionnel », explique-t-il au journaliste qui l’interroge. « La production locale, respectueuse de l’environnement est devenue une production mondialisée, sur de grosses exploitations, qui seules peuvent résister à la concurrence ». La production de biogaz serait même devenue plus rentable !

Biologique mais plus écologique

En Allemagne, les consommateurs ont la possibilité d’acheter dans les supermarchés une grande variété de produits bio bon marché importés de Pologne et hors de l’Union européenne. Biologiques, ces fruits et légumes ne sont plus écologiques !

Conséquence, Hans Hinrich Hatje a jeté l’éponge. Son fils a repris l’exploitation de 170 ha en conventionnel. Ils ne sont pas les seuls à être confrontés à une telle situation. Selon les résultats d’une étude de l’Institut Thünen sur la recherche agricole publiée en avril 2013 et révélée par Le Monde,  5 % des exploitations bio reconsidèrent leur choix de production.

Les 23.000 agriculteurs bio allemands sont trop peu nombreux pour être à la fois compétitifs et faire face à la demande croissante de produits bio, majoritairement importés à des prix plus bas que ceux pratiqués en Allemagne. En Pologne et dans d’autres nouveaux pays membres de l’Union européenne (les pays baltes par exemple), l’agriculture biologique est une opportunité pour valoriser des denrées agricoles souvent produites sans avoir recours à des intrants en quantités massives, fautes de moyens. Alors la conversion à l’agriculture biologique dans ces pays n’exige pas une remise profonde des pratiques culturales. 

En France, les agriculteurs convertis à l’agriculture biologique n’ont aucune raison d’échapper à ce phénomène. L’Agence bio se félicite plusieurs fois par an du nombre accru de nouveaux convertis mais la filière bio n’est pas suffisamment structurée pour leur assurer des débouchés rémunérateurs dans la durée. Or comme la production agricole est insuffisante pour répondre la demande des consommateurs, les distributeurs ont recours à des importations massives à des prix inférieurs à ceux en vigueur sur nos marchés !   


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