Chasse et agriculture Juguler les sangliers, l’une des recommandations pour une chasse « raisonnée »

AFP

Renforcer la formation des chasseurs et la sécurité, tuer plus de sangliers avec moins de chasseurs, soutenir le petit gibier avec les agriculteurs : la Fondation François Sommer, qui prône une chasse « raisonnée, » a présenté vendredi des pistes de réflexion pour l'évolution de cette pratique à l'horizon 2040.

La fondation, qui gère notamment le musée de la chasse et de la nature à Paris, a abordé huit chantiers, dont l'éthique à la chasse, la formation, la sécurité, le grand gibier ou encore le partage de la nature, avec le cabinet de prospectives Futuribles. « La chasse ne va pas disparaître d'ici à 2040 mais elle devra profondément se transformer », a expliqué François Bourse, de Futuribles, lors d'une conférence de presse. Le monde de la chasse a évolué au cours des dernières décennies, avec une baisse constante du nombre de titulaires du permis de chasse - un million aujourd'hui contre deux millions en 1981 -, des chasseurs de plus en plus citadins et issus du monde des cadres et professions apparentées, plus souvent en contact avec d'autres usagers de la nature sur le terrain, créant des conflits d'usage.

La chasse « est à un tournant sur le plan de l'acceptation sociétale », souligne Pierre de Boisguilbert qui a participé à ces travaux. Concernant la demande d'une interdiction de la chasse le dimanche, réclamée depuis des années par plusieurs associations, il faut raisonner plutôt à une échelle locale, planifier les activités pour éviter les conflits ou favoriser des modes de chasse discrets contre la peur du tir, propose le Livre blanc. « Le fait d'avoir plusieurs jours sans chasse par an semble relever du bon sens », complète François Bourse.

Le Livre blanc évoque aussi la question des dégâts causés par les sangliers aux agriculteurs et suggère de modifier les méthodes de chasse pour plus d'efficacité, comme l'affût, de réfléchir à l'« extension des périodes de saison ou même la nuit », mais aussi de « tourner définitivement le dos aux dérives productivistes de certains comme le nourrissage, la préservation excessive des animaux ou les lâchers de sangliers ».

Concernant des pratiques décriées comme les lâchers d'animaux pour les tirer, « c'est non », a estimé Philippe Dulac, président de la fondation. Pour la chasse en enclos, « on ne peut pas apporter une réponse noir ou blanc », a-t-il poursuivi. Quant à la chasse à courre, « elle doit évoluer et s'adapter ». « Pour regagner des chasseurs, il faut regagner du petit gibier » et « aider les agriculteurs dans cette transition » vers des pratiques plus favorable à la biodiversité, a encore insisté Pierre de Boisguilbert.


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