Guerre des prix La filière agroalimentaire réclame des actes aux pouvoirs publics

Afp

Paris, 27 avr 2015 (AFP) - La filière agroalimentaire réclame l'intervention des pouvoirs publics pour faire cesser la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution, qui lui impose une pression la mettant « en danger », estime-t-elle.

« Après les paroles, place aux actes ! », réclame une tribune publiée dans la presse, signée par 30 organisations représentatives, dont l'Association des industries agroalimentaires (Ania) qui demande à être reçue par le premier ministre Manuel Valls. « Les pouvoirs publics nous ont beaucoup écoutés. Nous leur demandons aujourd'hui de passer d'urgence à l'action » : en faisant « appliquer strictement la loi », en « sanctionn(ant) les abus de manière dissuasive », et en « renfor(çant) l'arsenal législatif afin de mieux prendre en compte l'évolution du contexte commercial », selon le texte. « La défiance entre nos entreprises et nos clients de la grande distribution est devenue contreproductive. L'équilibre du rapport de force s'est effondré à un point tel que l'avenir de la filière alimentaire française, englobant la production agricole et toute notre industrie, la première du pays, est en réel danger », témoigne l'inter-profession.

Elle souhaite « que la grande distribution travaille avec (elle) pour établir ensemble de nouvelles règles sur la base d'un constat commun et partagé ». « Le bilan des dernières négociations commerciales est édifiant : demandes de baisses de tarifs disproportionnées, demandes de compensation de marges rétroactives jusqu'à 2013, non prise en compte des évolutions des coûts, non-respect de la loi malgré les contrôles plus nombreux de la Dgccrf, et non-respect de nos salariés », rappelle le texte. « Nous ne pouvons pas l'accepter », souligne l'inter-profession qui estime que l'enjeu collectif « est de retrouver le sens d'une négociation responsable, garantissant à chacun, au producteur, à l'industriel, au distributeur et au consommateur, un juste prix, une juste rémunération, un juste avenir ». « Au bout du compte, lorsque ce n'est pas l'emploi d'aujourd'hui qui est directement menacé, ce sont les emplois de demain qui ne verront pas le jour », ajoute-t-elle.

Fin mars, le pdg de Nestlé France, Richard Girardot, avait dénoncé avec une rare franchise les tensions avec la grande distribution, évoquant des « marges écrasées » par les exigences des distributeurs et des méthodes de pression sur les commerciaux de l'industrie.


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