Forum sur le changement climatique Réduire de 40 % les Ges : une chance pour moderniser l’agriculture mondiale

Terre-net Média

Le forum international "Agriculture et changement climatique" qui se déroulera le 20 février prochain à Paris mettra en évidence le rôle fondamental de l’agriculture pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (Ges). Il préparera la conférence Cop21 sur le climat qui se déroulera à Paris en décembre prochain.

Stéphane Le Foll et Xavier Beulin présentent le forum international Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et Xavier Beulin, président de la Fnsea, présentent le forum international "Agriculture et changement climatique". (@cheick Saidou, ministère de l'Agriculture)C’est une révolution agricole et industrielle que s’apprête à vivre la planète si l’ensemble des 195 pays invités à la conférence sur le climat Cop21, parviennent en décembre prochain à Paris, à s’entendre pour réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. L’objectif de cet accord est de limiter à 2°C la hausse moyenne de la température de la planète en 2100.

L'adhésion des pays en développement à ce programme de réduction des gaz à effet de serre reposera sur la capacité des pays les plus riches à les entraîner vers une nouvelle voie de progrès. L’agriculture est un secteur primordial. Aussi, l’objectif de Cop 21 aura un sens pour ces pays en difficulté si l'accord sur le climat intègre la nécessité d’accroître les rendements de leurs productions afin d'assurer la sécurité alimentaire de leur population.

Le forum international "Agriculture et changement climatique" du 20 février 2015 présenté ce 10 février vise justement à mettre en première ligne la contribution de l’agriculture, sous toutes ses formes, à la réduction des gaz à effet de serre. Et cela sans renoncer à produire plus pour nourrir plus de 8 milliards d’hommes dans un horizon de quinze ans.

Organisé par les ministères des Affaires étrangères et de l’Agriculture ainsi que le Centre national des expositions et concours agricoles, cet événement se déroulera la veille des inaugurations des salons internationaux de l’agriculture (Sia) et du machinisme agricole (Sima) à Paris. François Hollande, président de la République et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères sont attendus pour clore ce rendez-vous.

Rendre l'agriculture plus performante

Ce forum sera la première des réunions à dimension internationale qui seront organisées d’ici décembre prochain pour tenter de trouver un accord. Ce dernier comporterait un accord cadre conclu autour d’objectifs communs définis à l’échelle planétaire enrichi par diverses contributions dans lesquelles les pays mentionneraient leurs engagements pour y parvenir. Et c’est à travers ces contributions que l’agriculture aura un rôle essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et Xavier Beulin, président de la Fnsea, le forum international du 20 février prochain sera l'occasion pour chacun de défendre son projet pour une agriculture à la fois plus performante et plus écologique. Durant les quatre tables rondes au programme de cette journée, seront abordés les moyens à mettre en œuvre pour s’adapter au changement climatique et pour étudier les politiques publiques qu'il serait judicieux de mettre en place.

C’est par l’innovation que des solutions seront trouvées, selon eux, pour produire plus et relever le défi climatique. Pour y parvenir, Xavier Beulin n’exclut par la recherche génétique. Plus moderne, l’agriculture française serait plus compétitive. Dans les pays en développement, de nouvelles pratiques culturales contribueraient à les rendre plus performants.

Capacite de stockage des sols 100 fois supérieure aux émissions

En France, une révision des pratiques agricoles pourrait réduire de 100 millions de tonnes équivalent carbone par an, les émissions de gaz à effet de serre. Soit le quart des réductions envisagées au niveau national à l’horizon de 2030.

« Le stock entretenu par les agriculteurs dans leurs sols est 100 fois supérieur aux émissions annuelles liées aux pratiques culturales », a rappelé Xavier Beulin. Aussi, « les représentants agricoles n’hésiteront pas à faire peser cette donnée dans la négociation internationale, notamment sur la comptabilisation des émissions nettes de l’agriculture ».

Au niveau européen, les capacités de stockage de CO2 par le sol équivalent à 40 années d’émissions. Et elles ne sont pas prêtes d’être saturées.

Mais il n’est pas question d’envisager une modernisation de l’agriculture sans élevage. Supprimer la production de ruminants conduirait à convertir des prairies stockeuses de CO2 en parcelles cultivées, émettrices nette de Ges.


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