Prix Les agriculteurs de l'Ouest maintiennent la pression sur la grande distribution

AFP

Grandes surfaces bloquées, détritus déversés, étiquetages contrôlés : des agriculteurs mènent différentes actions mercredi en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire afin de mettre la pression sur les négociations commerciales en cours avec la grande distribution.

« Il est plus qu'urgent de mettre un terme à une guerre des prix dévastatrice pour les agriculteurs français et tuant à petit feu l'économie locale », dénoncent dans un communiqué les FRSEA et les syndicats Jeunes agriculteurs (JA) des régions Bretagne et Pays-de-la-Loire.

Les agriculteurs, qui mènent actuellement et jusqu'à la fin du mois de février leurs négociations commerciales annuelles avec les distributeurs et les industriels, entendent rappeler à leurs interlocuteurs les engagements pris en signant une charte de bonne conduite le 14 novembre dernier. Ils pointent notamment du doigt « un festival de promotions scandaleuses » à leurs yeux : « du lait bio à 0,67 euro le litre, du porc à 1,27 euro le kilo, des pommes de terre à 0,99 euro les 10 kilos... »

Dans les Côtes-d'Armor, l'opération escargot envisagée sur la RN12 a été annulée en raison des conditions climatiques difficiles. Une dizaine de remorques de tracteurs ont été déchargées devant un magasin Intermarché de Guingamp, dont les entrées n'ont cependant pas été bloquées. « Nous ne sommes pas là pour embêter les consommateurs », a confié à l'AFP Jean-Marc Lohier, président de la section lait de la FDSEA 22. « Nous voulons que la grande distribution respecte ses engagements. Nous avons l'impression que nos produits sont bradés. »

Une vingtaine d'agriculteurs (légumiers, porc et lait) ont aussi bloqué avec des tracteurs le parking de l'Intermarché de Landerneau en début d'après-midi, et vérifié l'étiquetage notamment des produits charcutiers. Comme à l'Intermarché de Chateaulin, un échange avec la direction a eu lieu « mais il faut maintenant qu'ils fassent remonter nos revendications », a indiqué à l'AFP Agnès Kerbrat, une productrice de lait de Milizac. Celle-ci a précisé que des opérations similaires sont programmées tous les mercredi jusqu'à la fin du mois dans différentes grandes surfaces du département. Une dizaine d'agriculteurs ont également fait le tour des rayons d'un magasin Géant de Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) pour contrôler les étiquetages et demander à ce que le logo « origine France » soit clairement affiché sur les produits. 

Dans les Pays-de-la-Loire, une centaine d'agriculteurs ont en revanche bloqué en fin de matinée les accès à l'hypermarché E.Leclerc de Saint-Berthevin, près de Laval. « Les Bretons ont donné le ton et nous nous joignons à eux pour mener en concertation, chaque mercredi, des actions qui monteront en puissance jusqu'à la fin du mois », a expliqué Philippe Jehan, président de la FDSEA 53, invitant les autres régions à en faire de même.

L'accès au parking d'un magasin E.Leclerc a par ailleurs été bloqué toute la journée à Segré (Maine-et-Loire), où les agriculteurs ont procédé, aux côtés du sous-préfet, à un contrôle des étiquetages dans les rayons, trouvant notamment de la viande hâchée sans précision d'origine. 

Des agriculteurs s'en étaient déjà pris ces dernières semaines à des grandes surfaces du Finistère et des Côtes-d'Armor.


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