Cop21 et agriculture Les agriculteurs pourraient réduire de 25 % leur consommation d’énergie

Terre-net Média

L’Ademe estime que les exploitations agricoles pourraient réduire leur facture énergétique de 25 % en moyenne. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, l’Inra considère que ces économies d’énergie engendreraient par ailleurs une économie de près de 2 Mt éqCO2.

GNRL'éco-conduite des tracteurs permettrait, pour les agriculteurs, de réduire leur facture de GNR de 15 %. Pour un tracteur de 120 cv, l'économie annuelle serait de 325 €/an.  (©Terre-net Média)

Le secteur agricole consomme chaque année environ 4 Mtep (tonnes équivalent pétrole) en énergie directe : Gnr, fioul, gaz et électricité. Cette consommation énergétique représente par ailleurs 10 % des émissions de gaz à effet de serre imputées à l’agriculture.

Les dépenses énergétiques des exploitations agricoles ont plus que doublé en 20 ans, expliquent les Chambres d’agriculture dans leur kit de communication « C’est bon pour le climat ». En moyenne, les exploitations dépensent chaque année 12 000 €. Cela représente entre 10 et 30 % des charges variables.

Cop21 : Plein gaz sur les solutions agricoles

A l’approche de la Cop21, la Conférence mondiale sur le climat organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, Terre-net.fr se penche tout au long du mois de novembre sur les marges de manœuvre existantes pour réduire l’empreinte carbone des exploitations agricoles.
Dans son kit de communication « Bon pour le climat », l’APCA estime à environ 20 % le potentiel d’économies de gaz à effet de serre grâce au large développement de 10 actions dans les exploitations.

Mais, selon une étude de l’Ademe, en généralisant les économies d’énergie d’ici à 2030, les exploitations agricoles pourraient réduire leur facture énergétique de 25 % en moyenne, soit environ 1 Mtec pour la ferme France. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et de la contribution du secteur agricole dans ce sens, l’Inra estime de son côté que ces économies d’énergies permettraient dans la foulée une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre. 1,9 Mt éqCO2 par an pourraient être économisés.

Baisse possible de 6 % sans investissement

Pour les Chambres d’agriculture, trois leviers prioritaires peuvent être actionnés dans les exploitations. « Connaître ses consommations et les maîtriser » constitue le premier levier. Selon l’APCA, la réalisation d’un diagnostic énergétique et, surtout, l’optimisation des consommations, sans le moindre investissement, permettrait de faire une économie de 6 % de sa consommation. « Pour une ferme de 120 ha, l’économie serait de 750 €. En termes de Ges, elle serait de 3 t éqCO2. »

Outre la substitution des énergies fossiles par des renouvelables, qui demande de lourds investissements à amortir, l’installation d’équipements performants et économes reste une voie intermédiaire. En production de volailles par exemple, un échangeur chaleur permet de réduire la consommation de gaz de 30 % par an pour un bâtiment de 1 200 m2. D’un point de vue financier, l’économie se chiffre à 1 650 €.

Dans une exploitation de bovins viande dans le Béarn, produisant 660 veaux de boucherie, l’eau chaude notamment nécessaire à la préparation de l’aliment pour les veaux nécessitait 10 000 l de fioul par an, explique la Chambre d’agriculture. L’investissement dans une chaudière biomasse à granulés a permis une économie de 5 000 €. La chaudière devrait être rentabilisée en moins de six ans. Sur le plan climatique, l’exploitation a réduit ses émissions de 25 t éqCO2.

Autre exemple : l'éco-conduite. Après une formation, la conduite plus douce d'un tracteur de 120 cv permettrait d'alléger la facture de 325 € par an, soit 15 % d'économie de GNR.

Données issues de la fiche technique n°5 du kit de communication « Bon pour le climat » de l’APCA.

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