Lot-et-Garonne Les agriculteurs prêts à défendre « par tous les moyens » le lac de Caussade

AFP

Les agriculteurs du Lot-et-Garonne ont affirmé jeudi qu'ils défendraient à tout prix le « lac de Caussade », une retenue d'eau qu'ils ont illégalement creusée et que l'Etat leur demande de détruire à la suite d'une décision de justice.

Ils répondaient à la préfète Béatrice Lagarde, qui a signé la semaine dernière un arrêté exigeant la cessation des travaux et de la mise en eaux ainsi que la destruction de l'ouvrage et la remise en l'état de ce site, situé près de Villeneuve-sur-Lot.

« Nous serons là au pied du lac pour le défendre, ce territoire a été sacralisé », a déclaré Serge Bousquet-Cassagne, président de la Chambre d'agriculture, lors d'une conférence de presse à Agen. « Ce lac est une Zal, une zone agricole libre, en référence aux Zad (zones agricoles à défendre), et nous défendrons notre Zal »

Cette retenue de 920 000 m3 sur 20 hectares doit permettre, selon ses promoteurs, l'irrigation des 350 ha d'une vingtaine d'exploitations agricoles en régulant le débit du Tolzac, un affluent de la Garonne. Elle est dénoncée notamment par France Nature Environnement. « Aucun agriculteur ne laissera qui que ce soit démolir ce qui a été fait », a prévenu Patrick Franken, vice-président de la Chambre d'agriculture, très investi dans le projet. « Le lac est presque achevé, il commence à se remplir. Nous le défendrons par tous les moyens. Certains et notamment les jeunes agriculteurs qui ont besoin de ce lac sont prêts à en découdre. Si l'État veut passer en force, nous serons là pour nous y opposer. »

Patrick Franken, ancien président de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne, majoritaire à la Chambre d'agriculture, a toutefois assuré que les agriculteurs étaient « toujours ouverts à la discussion pour trouver un compromis » avec l'Etat.

La justice administrative avait constaté fin mars l'illégalité des travaux, confirmant un arrêté préfectoral d'octobre qui avait abrogé un arrêté de juin autorisant le projet. Les agriculteurs étaient passés outre et avaient entamé les travaux en novembre. Recevant en février partisans et opposants du lac, le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy avait plaidé pour une « solution alternative ». La quasi-totalité de la classe politique locale est favorable à cette retenue d'eau.

Serge Bousquet-Cassagne a par ailleurs prévenu jeudi que la Chambre d'agriculture ne consignerait pas 1,08 million d'euros correspondant aux travaux de suppression de l'ouvrage, comme le lui demande la préfecture. « Nous laisserons Madame le préfet saisir cette somme. Le jour où elle le fera, nous serons obligés de licencier 15 personnes », a-t-il assuré.


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