Embargo russe Les deux risques majeurs encourus par les agriculteurs

Terre-net Média

Les exportations françaises de produits agricoles et alimentaires vers la Russie se sont élevées en 2012 à 738 M€ en 2013. Sans l’adoption de mesures de régulation efficaces, l’embargo conduira à un engorgement des marchés et à la conquête de parts de marché par les pays émergents qui ne sont pas sanctionnés.

Petro et Vladimir Poutine.Vladimir Poutine et Petro Porochenko, présidents et de Russie et d'Ukraine. (©Présidence française)

Selon une étude de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture dont nous restituons des extraits, 80 % des exportations françaises vers la Russie sont composés de produits transformés, le reste étant des produits bruts. Les filières les plus exposées aux restrictions décidées par la Russie sont donc par ordre d’importance :

  • les viandes et préparations à base de viandes (20 % des exportations agroalimentaires de la France vers la Russie) ;
  • les produits laitiers (11 %) ;
  • les céréales (10 %) ;
  • les aliments pour animaux (10 %) ;
  • les fruits et légumes (5 %).

« La fermeture du débouché russe peut conduire nos voisins européens les plus impliqués dans les échanges agroalimentaires avec la Russie à se replier sur le marché intracommunautaire et français afin d’écouler les produits. Avec le risque de provoquer une situation d’engorgement des marchés et une baisse des prix dont les premières victimes seront les agriculteurs. 

Une opportunité pour les pays émergents d'Amérique latine

Le second risque, déjà à l’œuvre en réalité, se situe du côté des pays émergents d’Amérique Latine, producteurs et exportateurs de biens agricoles et alimentaires. Plusieurs d’entre eux, notamment l’Argentine, le Chili (produits de la pêche en particulier) et le Brésil (viandes bovine et de volaille), se positionnent pour répondre aux besoins alimentaires de la Russie. »

« La Fédération ne peut couvrir que 60 à 65 % de ses besoins alimentaires, l’obligeant à recourir aux importations. »

« L’Argentine cherche déjà à passer des contrats avec la Russie, voyant dans l’embargo russe une opportunité pour exporter davantage vers ce pays. »

« La Turquie, grand producteur de fruits et de légumes mais aussi de produits laitiers, a estimé récemment que la décision de Moscou de bloquer les importations en provenance de l’UE constituait une très bonne nouvelle pour les agriculteurs turcs. »

D’après une étude de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture réalisée par Thierry Pouch.

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