Livraisons en Syrie Tereos annonce porter plainte pour dénonciation calomnieuse

AFP

Le groupe sucrier Tereos a annoncé mercredi avoir déposé plainte pour dénonciation calomnieuse, au lendemain d'une plainte visant des livraisons en Syrie de sorbitol produits par le groupe, un ingrédient utilisé dans la fabrication d'armes et retrouvé dans des caves du groupe État islamique.

« Tereos a saisi ce jour Monsieur le procureur de la République de Paris d'une plainte en dénonciation calomnieuse - délit réprimé de cinq ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende », annonce le premier sucrier français (Marque Béghin-Say), deuxième à l'échelle du monde.

« Dans son édition de ce jour, le Canard Enchaîné indique que "huit betteraviers" (et non des "partenaires" tel que cela a pu être relayé par la suite) accusent froidement le groupe Tereos "d'avoir aidé à la préparation d'actes terroristes par le groupe Daech" à l'occasion de livraisons de Sorbitol (sucre) en 2016 et 2017 », indique Tereos. Les auteurs de cette plainte contre X pour « actes de terrorisme et complicité d'actes de terrorisme », des coopérateurs, accusent Tereos d'avoir maintenu ces livraisons après avoir été alerté par l'ONG Conflict armament research (CAR) de la découverte de « dizaines de sacs de sorbitol estampillés Tereos », selon la plainte qu'a pu consulter l'AFP.

Ce dérivé du sucre est utilisé comme propulseur d'engins explosifs lorsqu'il est mélangé à du nitrate de potassium. Tereos dénonce « le caractère mensonger » de ces accusations et affirme qu'elles visent à « nuire à la réputation et aux intérêts économiques » du groupe coopératif, dans un contexte, rappelle-t-il, « de forte crise sur le marché européen du sucre ». En décembre 2017, l'information ayant été rendue publique, le leader du sucre avait assuré « avoir suspendu ses livraisons de sorbitol dans les zones dites à risques » après l'alerte effectuée par CAR en novembre 2016. Toutefois, selon les plaignants, qui se basent sur une enquête interne de l'entreprise, deux autres livraisons à destination de la Syrie ont été réalisées en février et juillet 2017.

Mercredi, Tereos a indiqué avoir « déjà eu l'occasion d'apporter publiquement les explications nécessaires, rappelant que toutes ses livraisons de Sorbitol étaient légales et parfaitement contrôlées ». « Pour preuve de l'absence d'une quelconque irrégularité, les faits dénoncés par les plaignants sont publics (depuis 15 mois) et n'ont fait l'objet d'aucune poursuite », ajoute Tereos. Le groupe accuse les auteurs de la plainte initiale d'«  instrumentaliser la menace terroriste que connaît notre pays pour servir une lutte de pouvoir ».


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