Financement participatif Une alternative aux banques pour réaliser des projets

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Même s'il ne représente que 0,3 % des prêts accordés aux entreprises, le financement participatif, encore appelé crowdfunding, rencontre un vif succès. Outre sa dimension économique, il crée un véritable rapport de proximité entre les épargnants sollicités, les entrepreneurs et leurs projets, défend Saf agr'iDées.

Débat Saf agr'iDébats du 4 novembre 2014 animé par Sohie Lange, juriste. A droite, Jean-Baptiste Gallo, éleveur dans les Yvelines. Il a eu recours au financement participatif pour acheter 20 vaches laitières.Débat Saf agr'iDébats du 4 novembre 2014 animé par Sophie Lange, juriste.
A droite, Jean-Baptiste Gallo, éleveur dans les Yvelines. Il a eu recours
au financement participatif pour acheter 20 vaches laitières. (©Saf agr'iDées)

Le financement participatif, qui fait appel à l'épargne des particuliers pour financer ensemble des projets, a le vent en poupe. Les initiatives se multiplient et des débats sont organisés.

Le 6 novembre dernier, Florian Breton, entrepreneur, a lancé sur internet Miimosa, une plateforme participative réservée au monde agricole. Le syndicat Jeunes Agriculteurs espère que de « nombreuses personnes viendront soutenir les projets des jeunes installés qui passeront par Miimosa » en apportant les financements nécessaires.

« C’est une brique financière supplémentaire pour les nouveaux installés » a expliqué le 6 novembre dernier, Jérémy Decerle, vice-Président en charge de l’installation et de la transmission à Jeunes Agriculteurs. 

« Le financement participatif (encore appelé crowdfunding) est arrivé en France à la fin des années 2000. Il existe depuis plus longtemps aux Etats-Unis, avec en général 70 % des projets financés localement », défend Sophie Lange juriste à Saf agr'iDées. Elle animait deux jours plus tôt le débat « Finance participative et agriculture : quelles opportunités ? »

Un lien direct entre financeurs et porteur de projet

Ce type de plateforme participative a été rendu possible grâce au développement d’internet et des réseaux sociaux. Cela fait partie des outils et des méthodes de transactions financières « faisant appel à un grand nombre de personnes trouvées sur Internet pour financer un projet », explique Saf agr’iDées. Cette technique élargit ainsi les modes de financement possibles pour les entreprises, et les types de placements pour les épargnants. Mais surtout, elle se distingue des autres placements financiers en créant un lien direct entre les financeurs et les projets qu’ils ont choisis de financer.

Son développement récent est une réaction à la crise financière des années 2008 caractérisée par une défiance majeure des épargnants à l’égard des banques et de la gestion de l’épargne qui leur a été confiée.

« Le financement participatif engendre une communication sur l’entreprise et son projet », explique Sophie Lange de Saf agr’Idées, qui est la clé de la réussite.

A Auffargis (78), Jean-Baptiste Gallo, éleveur de bovins laitiers et viande, doit justement en 2010, l’accroissement de son activité au crowdfunding. Le financement des 20 vaches à acquérir pour accroître son activité a pris, dans les mois qui ont suivi le lancement de la plateforme, une dimension sociale inattendue. Les associés au projet sont d’abord des personnes à la recherche de rapports de proximité avec le monde agricole. 

Une adhésion au projet

En acquérant un animal, chaque apporteur de capital a réalisé un placement de 1.800 € rémunéré au taux de 6 % sous la forme d’un bon d’achat de 108 € de produits à la ferme (colis de viande ou produits laitiers par exemple).

Le succès du financement participatif repose ainsi sur l’adhésion des financeurs au projet. Si les projets plaisent, le crowdfunding permet à des investisseurs, pas uniquement intéressés par la recherche de profit, d’apporter des financements de façon très réactive. Il offre aux épargnants une possibilité supplémentaire de diversifier son épargne avec des coûts d'intermédiation faibles.

Législation

Une ordonnance du 28 mai dernier et un décret du 16 septembre dernier encadre le fonctionnement des plateformes. Il fixe des plafonds applicables aux prêts et aux emprunts, il détermine des conditions d'accès à la profession de conseillers ou d'intermédiaires en financement participatif. Enfin, il fixe des règles de bonne conduite de ces professions réglementées.

Saf agr’iDées distingue cinq familles de financement participatifs : le prêt entre personnes ou entre personnes et entreprises, l’acquisition d’actions dans des entreprises non comptées, le don, la production communautaire (dans ce cas de figure, les investisseurs sont aussi des coproducteurs), ou encore le microcrédit solidaire. C’est un moyen d’avoir accès à des capitaux extérieurs sans se plier aux exigences du secteur bancaire. Mais le crowdfunding ne s’y substituera pas pour autant. Il ne représente que 0,3 % des prêts aux entreprises en France en 2013.

Les missions des plateformes de financement sont peu ou prou celles des caisses locales des banques mutualistes lors de leur création. Pour les banques, elles sont, à travers les capitaux apportés, un moyen de partager les risques financiers des projets soumis. Et il se peut que les plus grosses plateformes soient dans quelques années de réels partenaires financiers que les banques seront prêtes à acquérir pour s’en faire des filiales.  


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