#EGAlim Contractualisation, structuration: les points clés du discours d’Emmanuel Macron

Terre-net Média

Sur le marché de Rungis mercredi 11 octobre 2017, le président de la République a prononcé un très long discours agricole. Il a annoncé un changement de la loi pour que les contrats soient d’abord fondés sur les coûts de production des agriculteurs, dans le cadre d’une contractualisation pluriannuelle de 3 à 5 ans sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Il conditionne les prochaines aides à l’investissement du plan de 5 mds€ à un important travail de structuration des filières via les interprofessions. Il demande aussi d’importants efforts d’organisation des producteurs.

A Rungis, Emmanuel Macron a prononcé un discours fleuve de plus d'une heure, annonçant une stratégie de transformation des filières, en mettant tous les acteurs A Rungis, Emmanuel Macron a prononcé un discours fleuve de plus d'une heure, annonçant une stratégie de transformation des filières, en mettant tous les acteurs "face à leurs responsabilités". (©Terre-net Média)

Les principaux points-clés des annonces d’Emmanuel Macron à Rungis

>> Des ordonnances au 1er semestre 2018 prévoiront que les contrats entre agriculteurs et leurs clients (distributeurs, industriels) soient fondés sur le coût de revient proposé par l'agriculteur.

>> Pour les négociations commerciales de fin d'année, les acteurs sont priés de s'engager à refléter « l'esprit de la loi à venir » sous l'égide du gouvernement.

>> Les négociations commerciales doivent s'inscrire dans une contractualisation pluriannuelle de 3 à 5 ans.

>> Pour établir ces coûts de production, filière par filière, « des indicateurs de marché doivent être définis » avec aussi un renforcement de l'observatoire des prix et des marges ainsi que des contrats-types.

>> Le relèvement du seuil de revente à perte sera compris dans les ordonnances du premier semestre 2018 mais le président demande en retour à l'ensemble des acteurs, de conclure pour la fin de l'année des plans de filières : restructurations, montée en gamme des produits, orientation vers de nouveaux modes de commercialisation tels que les circuits courts ou la restauration collective, en fonction des filières.

>> Les agriculteurs sont priés de se structurer en interprofessions qui puissent peser dans les négociations.

>> Pour parer d’éventuelles entorses au droit de la concurrence, l'Autorité de la concurrence pourra répondre aux demandes des interprofessions en expliquant le cadre légal précis.

>> Les coopératives seront encouragées à faire preuve de plus de transparence dans la répartition de leurs gains à leurs adhérents.

>> L’engagement de campagne d'un taux de 50 % de produits bio ou locaux dans la restauration collective en 2022 est confirmé.

>> Un conditionnement des prochaines aides à l’investissement du plan de 5 mds€ à un important travail de structuration des filières via les interprofessions.

Le calendrier

>> Dans l'immédiat, aucune annonce d'Emmanuel Macron n'a d'effet instantané.

>> Courant novembre, les négociations commerciales démarrent. Elles doivent refléter les changements réglementaires à venir.

>> Fin 2017, les acteurs de l'amont (producteurs, transformateurs) doivent présenter des plans de filière, filière par filière.

>> Début du premier semestre 2018 : Emmanuel Macron réunira tous les acteurs pour faire le point sur les plans de filière. Des changements législatifs par ordonnances seront présentés au début du premier semestre 2018.

>> Courant du premier semestre 2018 : le Gouvernement présentera des changements réglementaires par ordonnances.

>> D'ici la fin du premier semestre 2018 : les projets susceptibles d'être aidés par le plan d'investissement de 5 Mds€ seront validés. Les premières enveloppes seront débloquées.

Retrouvez le discours intégral d'Emmanuel Macron devant les représentants du monde agricole, des secteurs agroalimentaires et de la distribution

Vous pouvez beaucoup compter sur moi car j’ai décidé de beaucoup compter sur vous.

C'est en ces termes que le chef de l'Etat a conclu son discours fleuve qui a duré près d'une heure et quinze minutes.

La veille, mardi 10 octobre, la conseillère spéciale à l'agriculture Audrey Bourolleau avait expliqué à la presse les grandes lignes de son intervention.

#EGAlim >> Les mesures agricoles qu'Emmanuel Macron annoncera mercredi à Rungis

En parallèle de cette journée d'annonce, environ 300 agriculteurs de la FNSEA et JA se sont installés place de la République à Paris, pour expliquer aux citadins que « (leur) alimentation a un prix ».

Retrouvez notre reportage >> 300 agriculteurs à Paris pour demander une amélioration des prix


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