Revenus agricoles 2014 « Des chiffres en trompe l’œil » selon la Coordination rurale

Terre-net Média

Malgré des revenus en hausse en 2014 par rapport à l’année précédente, la Coordination rurale met l’accent sur les disparités entre les productions, les désillusions engendrées et s’inquiète pour les années futures.

La Commission des comptes de l’agriculture de la nation a revu ce matin le niveau des revenus des agriculteurs en 2014 à 27.200 €. En progression par rapport à 2013, la France serait remontée au sein du classement européen. Selon la Coordination rurale, « cette vision en trompe l'œil cache des situations dramatiques. Les producteurs de grains, qui devaient partager leurs richesses, sont aujourd'hui à 60 % de la moyenne des exploitations en matière de revenu (16.400 €) ». Le syndicat rappelle que les conditions climatiques très sèches de cette année risquent d'affecter les rendements et plomber les exportations.

« Malgré la baisse de coût de l'aliment, les producteurs de viande bovine ne s'en sortent pas mieux avec 15.900 € et ceux qui ont cru aux promesses d'une Pac en leur faveur seront déçus. Avec un revenu en baisse de 33 % par rapport à la moyenne 2011-2013, les éleveurs de porcs ne s'en sortent plus, y compris ceux qui fabriquent leur aliment à la ferme. Espérons que le pacte porcin annoncé par le ministre sera suivi des actes pour enfin enrayer ce cercle vicieux : réduction du cheptel, baisse de la production, hausse des importations, disparition des élevages et d'un grand nombre d'emplois connexes. »

Vin: des disparités selon le mode de commercialisation

En fruits comme en légumes, 2014 a été marquée par une forte crise (météo, consommation atone) accentuée par l'embargo russe. Le revenu moyen pour les producteurs de fruits (13.700 €) est le plus bas de toutes les productions », dénonce le syndicat. Il rappelle que pour des producteurs qui travaillent bien au-delà des 35 heures par semaine, ce n'est même pas un Smic. « C'est principalement la viticulture qui contribue à la hausse du revenu moyen agricole. Le chiffre avancé (51.300 €) cache des disparités importantes selon les modes de commercialisation. Une récolte importante en 2015 pourrait remettre en cause cette amélioration sachant que chaque année, 4 à 5 % du vignoble disparaît » ajoute la Cr.

Quant au lait, « il semble tirer son épingle du jeu avec une évolution favorable (31.000 €), il faut corriger cette apparente embellie par la disparition de producteurs qui ont abandonné. Le prix à la production de 30 centimes par litre proposé par des laiteries y compris des coopératives, est très en-dessous des 45 centimes qui permettrait de vivre de cette production et cela laisse présager un résultat 2015 catastrophique » annonce la Cr. Elle rappelle que « l'analyse des résultats par région montre le danger de la spécialisation qui peut, selon la variation des cours mondiaux, entraîner avec elle toute une économie locale ».


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