Foncier agricole E. Macron veut mettre des verrous sur les achats de terres par des étrangers

AFP

Emmanuel Macron a annoncé jeudi la mise en place prochaine de « verrous réglementaires » sur les achats de terres agricoles par des étrangers en France, après l'acquisition récente de terres à blé par un investisseur chinois.

Emmanuel Macron face aux jeunes agriculteurs. Emmanuel Macron face aux jeunes agriculteurs ce jeudi 22 février 2018. (©Compte twitter Emmanuel Macron)

« Pour moi, les terres agricoles en France, c'est un investissement stratégique dont dépend notre souveraineté, donc on ne peut pas laisser des centaines d'hectares rachetés par des puissances étrangères sans qu'on sache la finalité de ces rachats », a dit le président devant 700 jeunes agriculteurs français réunis à l'Elysée.

« Nous mettrons donc très clairement sur ce sujet des verrous réglementaires et nous travaillerons avec vous et avec les Safer (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural, NDLR) pour mettre fin à ce qui est en train de se passer » a ajouté le président, après l'acquisition récente par un investisseur chinois de 1 700 hectares de terres à blé dans l'Indre et de 900 hectares dans l'Allier, qui ont suscité beaucoup d'émotion en France.

Sur le problème plus global de l'accès au foncier pour les jeunes générations d'agriculteurs, le président a demandé « pour le mois de mai » qu'on « imagine » un système de « pré-retraites agricoles avec une sortie progressive de l'activité » afin de permettre à un jeune de prendre la suite de ses parents. « Si on veut alléger le coût pour le jeune, il faut qu'on ait un dispositif crédible pour celui qui arrête son activité », a-t-il dit.

Il s'est déclaré « à l'écoute » des propositions du syndicat des Jeunes agriculteurs sur l'éventuelle mise en place de « prêts d'honneur » afin d'aider aux installations de jeunes, « compte tenu du défi du renouvellement des générations à venir » dans le secteur.

En matière de foncier, Emmanuel Macron a aussi annoncé un recentrage du contrôle des structures agricoles sur les seules « opérations qui le justifient », et une redéfinition du « rôle et de la gouvernance des Safer ».

Plus globalement, après 53 minutes de discours, pendant lequel il a aussi donné les grandes lignes des secteurs dans lesquels seraient investis les 5 milliards d'euros prévus pour l'agriculture, le président a conclu son intervention au ton offensif sur un « je ne suis pas là pour plaire, je suis là pour faire » en fustigeant les générations de dirigeants qui l'ont précédé et se sont contenté de « tapoter les vaches ».

Les jeunes agriculteurs reçus à l'Elysée partagent leurs photos sur les réseaux : 


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