Congrès 2016 des ETA à Grenoble Gérard Napias : « La crise agricole s’ajoute aux problématiques à long terme »

Terre-net Média

La FNEDT, qui regroupe les représentants des entreprises de travaux agricoles et forestiers, tient son 84e congrès du 3 au 5 mars 2016 à Grenoble. Directement affectées par la crise agricole, les ETA bénéficieront de l’appui de Pierre Gattaz, président du Medef, pour défendre leurs nombreuses revendications. A plus long terme, les ETA s’interrogent sur la manière de gérer leurs salariés de la « génération Y », mais aussi sur le profil de leurs clients dans les années qui viennent.

Les entreprises de travaux agricoles subissent elles aussi la crise agricole. Le niveau des encours dans leurs comptes a fortement augmenté ces derniers mois.Les entreprises de travaux agricoles subissent elles aussi la crise agricole. Le niveau des encours dans leurs comptes a fortement augmenté ces derniers mois. (©Terre-net Média)

Trois jours de congrès pour trois jours de débat : les représentants des entreprises de travaux agricoles et forestiers, se réunissent en congrès annuel du 3 au 5 mars 2016 à Grenoble. La gestion du travail saisonnier, la complexité administrative et le management de la « génération Y » sont les thèmes de fond que la FNEDT compte aborder.

Important pourvoyeur d’emplois saisonniers pour les chantiers de récolte, de vendanges ou de travaux arboricoles, les ETA dénoncent toujours la « complexité » des démarches administratives liées au caractère saisonnier des contrats. « La France détient-elle la médaille d’or de la complexité ? » s’interroge Gérard Napias, président de la FNEDT. « Dans les activités de travaux agricoles, les pics d’activités accentuent la complexité administrative : demande de dérogation au temps de travail, gestion des contrats saisonniers. »

A cette « paperasserie » s’ajoute la mise en place du compte pénibilité. « A-t-on les moyens de financer ces contraintes ? » questionne Patrice Gauquelin, entrepreneur dans l’Orne. « Quelles solutions existent pour faire face à cette complexité ? »

Gérer une « génération Y » avide de changements

Indépendamment des décisions politiques, les ETA doivent faire face, en interne, à de nouvelles problématiques d’ordre managérial. En cause : l’arrivée progressive des jeunes de « la génération Y ». Agées de 18 à 35 ans, les jeunes recrues des entreprises « ont des attentes très différentes des précédentes générations », explique Patrice Gauquelin. « Depuis 20 ans, nous étions dans une routine de recrutement avec des salariés qui faisaient carrière dans l’entreprise. Aujourd’hui, nos managers doivent mettre en place des outils qui leur permettent de s’adapter aux attentes de cette nouvelle génération ». Selon la FNEDT, la « génération Y » représente 60 % des salariés des ETA « alors qu’ils ne sont que 20 % seulement de la population active française ». Difficile pour les employeurs de former des salariés qui, même s’ils disent se sentir bien dans l’entreprise, aspirent davantage à changer d’environnement.

La crise agricole au cœur des préoccupations

Nouvelles contraintes, nouvelles exigences salariales et managériales : à ces problématiques de fond s’ajoutent une conjoncture économique subie de plein fouet par les entrepreneurs. Si la multiplication des crises dans les filières agricoles n’affecte pas encore directement les résultats des ETA, les encours de ces dernières n’ont jamais été aussi importants. « Le niveau d’encours est habituellement de 5 % dans mon entreprise, témoigne Patrice Gauquelin. Il est passé à 30 % ces derniers mois. » Les entrepreneurs sont même sollicités par les banquiers pour temporiser un peu face à des agriculteurs en manque de trésorerie pour régler leurs factures. « Nous restons quand même confiants en nous disant que les agriculteurs paieront un jour. »

A plus long terme, la crise agricole et la restructuration en cours de nombreuses exploitations agricoles, notamment en élevage, changera le profil des exploitations clientes des ETA. « Nous constatons que la tendance au regroupement des fermes est très important. Qui seront nos clients demain ? » se demandent les entrepreneurs. Ces derniers sont d’ailleurs inquiets de certaines démarches ambitieuses de la coopération agricole. « Par exemple, les ambitions du groupe Invivo risquent de profondément changer la relation entre les agriculteurs et les entreprises aval et amont, y compris les ETA. »

 

 


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