Didier Guillaume « Il faut que l’agriculture française puisse nourrir le plus grand nombre »

Terre-net Média

Interviewé le 3 juin sur Sud Radio, le ministre de l’agriculture a appelé à une transformation de l’agriculture française permettant de nourrir le plus grand nombre de Français, sans différence de prix significative avec les produits importés.

Le ministre de l'agriculture veut réduire l'écart de prix entre les produits français et les produits importésLe ministre de l'agriculture veut réduire l'écart de prix entre les produits français et les produits importés. (©Terre-net Média)

Si l’inflation réelle sur les produits alimentaires n’a été que de 1 % pendant le confinement, nombreux sont les Français à avoir eu l’impression que les prix s’envolaient. Pour le ministre de l’agriculture, qui est intervenu le 3 juin sur Sud Radio, cette impression s’explique car « quand on met en comparaison, sur un même étal, des fraises françaises, des produits français, avec des produits qui viennent d’ailleurs, ça fait une différence et c’est là où les Français ont trouvé qu’il y avait un problème ».

Or, la crise a redonné un sens stratégique à la notion de souveraineté et d’indépendance alimentaire. Dans ce cadre, « il va falloir faire en sorte que les Français puissent acheter à des prix qui ne soient pas beaucoup plus chers que ceux de l’étranger. Il faut que l’agriculture française, qui est de grande qualité, puisse nourrir la masse, le plus grand nombre », a insisté Didier Guillaume, qui ne veut pas d’une agriculture uniquement accessible à ceux qui ont de l’argent. « Faisons en sorte que l’agriculture française se transforme, évolue, pour nourrir le plus grand nombre », a ajouté le ministre, appelant par ailleurs à acheter français à l’occasion des barbecues.

« L’heure n’est plus au libre-échange »

Interrogé sur la ratification de l’accord UE/Mexique, dont les termes ont été acceptés par la Commission européenne fin avril, Didier Guillaume s’est par ailleurs montré sceptique quant à la probabilité d’une ratification par les parlements nationaux. « Je ne crois pas qu’il sera ratifié », a-t-il admis.

Pour le ministre, l’Union européenne « a fait un contretemps », en finalisant la proposition d’accord en pleine crise. « L’heure n’est plus au libre-échange, l’heure est à réguler (...). Il faut une exception alimentaire, on n’échange pas de l’agriculture contre des voitures, des fusées, ou des avions », a-t-il affirmé.


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