Biocarburants L’importation d’huile de palme à La Mède suscite la colère des acteurs agricoles

CLG et AC Terre-net Média

Total a reçu le feu vert du Gouvernement pour la reconversion de sa raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, pour produire du biocarburant à base d’huile de palme importée. Une décision qui suscite la stupéfaction et la colère des représentants agricoles français.

Le Gouvernement et son ministre de la transition écologique Nicolas Hulot ont donné leur aval pour la reconversion de la raffinerie du groupe Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. Le site produira des biocarburants à partir d’huile de palme massivement importée – au moins 300 000 t par an, 550 000 t selon Greenpeace – et d’huiles usagées.

« Cette décision est incompréhensible. Outre son non-sens écologique, elle est une gifle contre notre secteur. Elle marque une rupture, un renoncement à l’ambition agricole portée par le gouvernement. Les agriculteurs ne méritent pas un tel mépris », a réagi Arnaud Rousseau, président de la Fop, la fédération des producteurs d’oléagineux.

Selon la section de la FNSEA, « la décision d’utiliser de l’huile de palme importée soutient la déforestation et s’oppose de ce fait à l’Accord de Paris et aux décisions de l’UE quant au réchauffement climatique ». « Par ailleurs, celle-ci ne tient pas non plus compte de l’avis de la société civile, 71 % des citoyens étant opposés à l’huile de palme pour les biocarburants, selon un sondage Odoxa d’avril 2018. En outre, les huiles usagées sont majoritairement importées d’Asie et dérivent en grande partie de l’huile de palme. Ainsi, indépendamment des questions environnementales, le ministre a aussi fait le choix de sacrifier le colza français, matière première locale et tracée pour les biocarburants Made in France. »

« Combien faut-il de reniements pour juger une politique ? questionne la FNSEA. L'heure est donc à la mobilisation : l'ouverture de nos frontières aux prix bas, à des produits importés sans les mêmes contraintes que les nôtres, à des produits responsables de désastres écologiques, n'est pas une solution. C'est une erreur stratégique ! Les agriculteurs ont un autre projet, produire du colza et du tournesol français, produire de la qualité, produire des biocarburants, produire des protéines à travers les tourteaux, produire de l'avenir tout simplement ! »


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