Semenciers L’UFS vigilante sur les conséquences de la crise

Terre-net Média

Si le secteur des semences a pu continuer son activité de façon relativement préservée pendant la crise, sauf dans les secteurs de la jardinerie et de l’ornemental, l’UFS alerte sur les conséquences économiques qui pourraient se faire sentir à l’automne et demande aux pouvoirs publics d’accompagner davantage l’innovation variétale et de préserver le développement de la filière avec des normes qui correspondent à la réalité du terrain.

L'UFS a dressé le 8 juillet un premier bilan de la crise sur le secteur des semencesL'UFS a dressé le 8 juillet un premier bilan de la crise sur le secteur des semences. (©Pixabay)

Touchés, comme les autres acteurs agricoles, par les conséquences économiques de la Covid-19, les semenciers ont du faire face à un certain nombre de difficultés et surcoûts, a indiqué l’UFS, organisation qui réunit les entreprises françaises de la recherche et de la production de semences. À l'occasion d'une conférence de presse en ligne, le 8 juillet, l’organisation a dressé un premier bilan de cette période et évoqué les points de vigilance pour l’avenir, s'appuyant sur une enquête menée auprès de ses adhérents.

Ainsi, les secteurs des plants et semences potagères et ornementales ont été davantage impactés en raison de la fermeture des jardineries, rouvertes après trois semaines de confinement, et les incertitudes demeurent quant à la reprise des commandes publiques.

Autre difficulté rencontrée par les adhérents de l’UFS, notamment pour les entreprises positionnées sur l’export vers les pays-tiers : la fermeture de certaines frontières. Celles qui envoient habituellement des semences de tournesol et de colza vers la Russie ont ainsi fait face à « une amplification des difficultés administratives », explique Rachel Blumel, directrice de l’UFS.

La perte de chiffre d’affaire du secteur semencier est ainsi estimée à 9 millions d’euros.

Surcoûts entraînés par les transports et les mesures sanitaires

Beaucoup d’entreprises ont également été confrontées « à la difficulté de trouver des transports, et aux surcoûts que cela a entraînés, puisque ces transports n’étaient pas optimisés », indique de son côté Claude Tabel, président de l’UFS. 32 % des répondants à l’enquête ont connu une augmentation des coûts liés à l’approvisionnement et à la logistique, un surcoût pouvant aller jusqu’à + 25 %.

La mise en place de mesures barrières a également entraîné un surcoût pour 93 % des entreprises : hausse du prix des équipements de protection individuelle dans le contexte de pénurie, difficulté d’approvisionnement, mais également surcoût lié à l’achat de gel hydroalcoolique et de masques dits « grand public » pour les salariés. Enfin, 43 % des répondants ont fait état de surcoûts liés aux ressources humaines, pour le remplacement de salariés en arrêt de travail.

Soutenir l’innovation et le développement du secteur

Pour faire face aux difficultés qui pourraient faire suite à cette crise, les adhérents de l’UFS ont également listé leurs besoins en matière d’accompagnement. À long terme, le maintien du crédit impôt recherche, régulièrement menacé dans les projets de loi de finances, s'avère indispensable. À plus court terme, les entreprises souhaitent une diminution (voire une annulation) des charges salariales, ainsi qu’une aide à l’achat des équipements de protection. De façon plus ciblés, les secteurs liés à la jardinerie et à l’ornemental auraient besoin d’un accompagnement spécifique pour la relance.

Tirant les enseignements de cette crise, l’UFS liste donc plusieurs propositions pour conforter le développement de ce secteur, qui représente 19 000 agriculteurs multiplicateurs en France et fait du pays le premier producteur européen et le premier exportateur mondial. Pour Claude Tabel, deux points sont à souligner : une attente renforcée vis-à-vis de la santé des végétaux, et le besoin d’ouverture à l’innovation et aux nouvelles technologies pour aller vers des systèmes moins consommateurs d’intrants et de phytosanitaires. « Il faut également accompagner le développement du secteur en instaurant « des normes claires, simples, basées sur des critères qui reflètent les différentes réalités », estime le président de l’UFS.


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