Mise en œuvre de la Pac en 2015 La Coordination rurale propose un 5ème scénario à François Hollande

Terre-net Média

Une délégation de la Coordination rurale conduite par Bernard Lannes, président du syndicat a présenté au président de la République « une option transitoire » pour 2015-2020 avant une refonte totale de la Pac.

Bernard Lannes, président de la Coordination rurale à la sortie de son entretien avec François Hollande, président de la Réublique. En arrière plan, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture. Bernard Lannes, président de la Coordination rurale à la sortie de son entretien avec François Hollande, président de la République. En arrière plan, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture discutant avec Valérie Métrich-Hecquet, conseillère du président de la Républiqe sur les questions agricoles. Bernard Lannes, président de la Coordination rurale ne rendra pas une copie blanche ce 26 septembre ! Parce que la réforme de la Politique agricole commune appliquée en 2015 est « dénuée de tout moyen de régulation » et qu’elle « poursuit dans la même voie sans tirer les leçons du passé », la Coordination a toujours refusé de prendre partie pour un des quatre scénarios de redéploiement des aides directes envisagés par le gouvernement.

Mais ça, c’était la position adoptée jusqu’à ces derniers jours !

Le 25 septembre 2013, changement de stratégie. Une délégation de la Coordination rurale a rencontré François Hollande, « un président de la République qui connaît bien ses dossiers », en lui présentant en avant-première le scénario que défend le syndicat. Il s’inscrit en rupture avec la réforme adoptée pour 2015. Et comme le syndicat est conscient que son projet n’est pas applicable en l’état en 2015, il propose « par souci de pragmatisme » une option de sauvegarde dans le cadre du projet actuel.

C’est ce scénario transitoire que la délégation de la Coordination a présenté à François Hollande, en présence de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture présent durant un entretien d’une heure au palais de l’Elysée. Et c’est bien sûr avec ce scénario que le syndicat se rend, ce jeudi 26 septembre, au conseil supérieur d’orientation pour débattre de la mise en œuvre de la Pac en 2015.

Les décisions du gouvernement sont attendues dans les prochains jours. Elles seront peut-être annoncées par le président de la République au Sommet de l’élevage où il se rendra le 2 octobre prochain.

Pour Bernard Lannes, le cinquième scénario de la mise en œuvre de la Pac n’est en fait qu’une « option transitoire de sauvegarde pour la période 2015-2020 ». Elle vise une convergence partielle de 30 % des aides et à limiter au maximum les aides couplées excepté pour les protéines végétales puisque ces soutiens sont au final confisqués par l’aval et l’amont de la production à travers une politique de prix bas.

Le scénario de la Coordination Rurale

En fait, « la CR prend le parti de pousser jusqu’au bout la logique de découplage des aides ».

Dans cette logique, le syndicat n’est pas favorable à une revalorisation des 52 premiers hectares car elle ne profiterait pas seulement aux agriculteurs qui en auraient le plus besoin. Il opte en revanche pour un transfert important des aides du premier pilier vers le second pour maintenir l’élevage en zones de montagne.

Quant au verdissement, « il doit être limité au maximum » et proportionnel au montant des aides de chaque agriculteur avec « la mise en place plus progressive des terres sacrifiées au titre des surfaces à intérêt écologique ».  

Mais surtout, cette période transitoire de 2015-2020 doit être mise à profit pour  préparer la refonte de la Politique agricole pour adopter le modèle concocté par la Coordination rurale et auquel le syndicat est fidèle.

Pour rappel, les trois axes de la Pac envisagée par la CR sont :

- Une régulation des prix agricoles avec instauration de droits de douane aux frontières de l’Union européenne qui induira une hausse de 40 % des prix agricoles (avec comme impact un coût équivalent à 0,42 % dans le budget de la ménagère),

- La création d’un observatoire européen des productions et des marchés au sein de l’Union et ajustement des niveaux de production en fonction des variations de prix,

- Une  réduction du déficit de production agricole avec le développement de la culture de protéines végétales.

Résultat, la réforme que la CR propose permettrait de réduire de 26,5 milliards d’euros (Mds d’€) par an le budget de l’Union puisqu’elle ne coûterait plus que 18,5 Mds d’€ contre 45 Mds d’€ actuellement.


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