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Crédit agricole « La faiblesse des taux ne remet pas en question l’intérêt des prêts bonifiés »

Terre-net Média

Au Space à Rennes, Crédit agricole SA a tenu une conférence de presse le 16 septembre dernier. Pour Terre-net Média, Gaëlle Regnard, directrice de l’agriculture de Crédit Agricole SA et Catherine Migault, responsable des affaires agricoles et agroalimentaires à la Fédération nationale du Crédit agricole sont revenues sur certains points d’actualité.

Jérôme Guiard : Directeur des marchés et des offres du Crédit Agricole des Côtes d'Armor, Jean-Yves Carillet : Secrétaire Général de Crédit Agricole en Bretagne, Jean-Paul Kerrien : Président de Crédit Agricole en Bretagne et Catherine Migault : Responsable des affaires agricoles et agro-alimentaires à la Fédération Nationale du Crédit Agricole.Jérôme Guiard, directeur des marchés et des offres du Crédit Agricole des Côtes d'Armor ; Jean-Yves Carillet, secrétaire général du Crédit Agricole en Bretagne ; Jean-Paul Kerrien, président du Crédit Agricole en Bretagne et Catherine Migault, responsable des affaires agricoles et agro-alimentaires à la Fédération Nationale du Crédit Agricole. (©Crédit Agricole.)

Terre-net Média (Tnm) : La faiblesse des taux d’intérêt ne remet-elle pas en cause la politique de financement des porteurs de projets ? 

Catherine Migault (CM) : Si le faible différentiel de taux entre les prêts moyens termes non bonifiés et les prêts bonifiés rendent ces derniers moins attractifs, il est important de conserver cette modalité de financement des investissements au moment de l’installation car nous ne sommes jamais à l’abri d’une remontée des taux. Si cela arrivait, il serait extrêmement difficile de recréer un tel dispositif qui a fait la preuve de son intérêt.

Gaëlle Regnard (GR) : Le montant des prêts bonifiés réalisés en 2013 est quasi équivalent à celui de 2012. Ce qui illustre bien le fait que les prêts bonifiés conservent un intérêt.

Quoi qu’il en soit, que le prêt soit bonifié ou pas, la décision du banquier dépend d’abord du professionnalisme du porteur de projet et de la qualité de son dossier, une qualité recherchée également dans le cadre des mesures d’accompagnement dont bénéficient les jeunes candidats aux aides à l’installation. 

Dernière minute : Le Foll rend la fiscalité sur la Dpa plus avantageuse

Alors que Terre-net média mettait en ligne l’interview de Gaëlle Regnard, directrice de l’agriculture de Crédit Agricole SA et Catherine Migault, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture a annoncé que le taux d’intérêt légal (actuellement de 0,04 %), plus faible car adossé aux conditions de marché, remplacera le taux d’intérêt de retard en cas de non utilisation de la dotation au bout de sept ans. Lundi 22 septembre, il a déclaré que cette disposition ferait partie du  paquet de mesures fiscales qu’il proposerait au Parlement d’ici la fin de l'année.

Le plafond pluriannuel de 150.000 € bénéficiera de la transparence (Gaec et Earl) comme le plafond annuel (27.000 €). Enfin, le ministre a annoncé que l’utilisation de la Dpa jusqu'à un an après l’aléa (contre six mois initialement envisagés) est rendue possible. 

Tnm : La Pac, la baisse des aides et la conjoncture conduisent-elles à durcir ces dernières semaines les critères de financement des projets ?

GR : Chaque projet fait l’objet d’une analyse particulière. La décision de financement est prise en tenant compte de la capacité de remboursement de l’entreprise. Les Caisses régionales de Crédit Agricole intègrent naturellement, en permanence, les facteurs conjoncturels (en particulier la volatilité des prix), comme les évolutions plus structurelles comme la Pac, dans l’analyse des dossiers qui leur sont soumis.

Tnm : N’est-il pas temps de revoir les modalités de sortie de la déduction pour aléas (Dpa) ? 

CM : Nous sommes convaincus des vertus de l’épargne professionnelle de précaution pour faire face aux aléas conjoncturels. Le Crédit agricole propose différents produits à ses clients qui souhaitent constituer une réserve à utiliser en cas de coup durs. Ces produits d’épargne présentent l’avantage d’être très faciles à mobiliser en cas de besoin mais ne bénéficient pas d’un régime fiscal particulier. La fiscalité du Compte Epargne Dpa (déduction pour aléas) pourrait être une réelle incitation à la constitution de ces réserves « anti coups durs » et permettre ainsi aux agriculteurs d’acquérir des réflexes d’épargne professionnelle. Mais force est de constater que le dispositif n’a toujours pas rencontré le succès escompté. En effet, les agriculteurs ne veulent pas prendre le risque – et c’est parfaitement compréhensible - de devoir payer des intérêts de retard (cf encadré) en plus des charges générées par la réintroduction des sommes épargnées, s’ils n’ont pas pu utiliser les sommes dans les conditions imposées par les textes.

Seule la suppression de cette pénalité lèvera les dernières réticences des agriculteurs à recourir à cette forme d’épargne de précaution. 

Tnm : Comment est vécue l’entrée de fonds de financement dans le secteur agricole ?

CM : Ils peuvent avoir leur place comme partenaire pour financer des projets d’installation et de reprise d’exploitation. Nous sommes particulièrement vigilants face aux fausses bonnes solutions qui conduiraient à une financiarisation du foncier agricole à une hausse des prix des terres déconnectée de la réalité économique. 

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