; Les inquiétudes sur l'accélération de l'agrivoltaïsme

Énergies renouvelables La volonté d’accélérer sur l’agrivoltaïsme inquiète

Terre-net Média

Dans le cadre du projet de loi pour l’accélération des énergies renouvelables, l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire la production d’énergie grâce à des panneaux solaires installés sur des terres agricoles, devrait être mis à contribution, estime le président de la République. Cependant, cette annonce inquiète les syndicats agricoles.

la volonté du gouvernement de développer l'agrivoltaïsme inquiète Jeunes agriculteurs. Le syndicat demande un moratoire.La volonté du gouvernement de développer l'agrivoltaïsme inquiète Jeunes agriculteurs. Le syndicat demande un moratoire. (©Terre-net Média) 

À l’occasion de l’inauguration du premier parc éolien en mer français, le 22 septembre, Emmanuel Macron a rappelé ses objectifs d’accélération des énergies renouvelables. Il s’agit, entre autre, de développer l’agrivoltaïsme.

En février dernier, le président de la République avait déjà annoncé sa volonté de dépasser 100 GW de capacités photovoltaïques installées en France d’ici 2050 (contre 14,6 GW au premier trimestre 2022), en mettant à contribution l’agrivoltaïsme.

La Confédération paysanne dénonce des effets pervers

Alors que le président avait également réaffirmé cet objectif d'accélération à Terres de Jim le 9 septembre, la Confédération paysanne a écrit une lettre ouverte le 20 septembre pour alerter le chef de l'Etat sur les nombreux « effets pervers » de l'agrivoltaïsme : « artificialisation qui porte atteinte à la vocation nourricière de la terre, précarisation des paysans, manne financière générant des conflits d’intérêt, perte de la qualité de vie au travail, dégradation des paysages, menace pour la biodiversité… L’agrivoltaïsme et les centrales photovoltaïques sur les terres agricoles ont un impact majeur sur les prix et la disponibilité du foncier, en contradiction avec votre objectif de doublement des installations de paysans pour assurer le renouvellement des générations ».

Jeunes agriculteurs demande un moratoire

Le syndicat Jeunes agriculteurs a vivement réagi le 22 septembre, demandant un moratoire « sur toute volonté réglementaire de développer l'agrivoltaïsme ». L'organisation souhaite concentrer l'installation des panneaux photovoltaïques en priorité « sur les terres déjà artificialisées, notamment les terrains pollués, les toitures, les couvertures de parkings ».

Avant de mobiliser les terres agricoles, le syndicat demande un recensement précis des surfaces concernées et du potentiel de production d'énergie, en parallèle « d'une obligation généralisée de couvrir toutes constructions neuves, ou rénovées, avec des panneaux photovoltaïques, accompagnée par des subventions publiques à la hauteur pour accélérer le déploiement ».

Un cadre encore trop flou

Si le président de la République a évoqué la nécessité de mettre en place des garde-fous, l’encadrement des projets d’agrivoltaïsme reste aujourd’hui assez flou. L’État soutient en effet les installations agrivoltaïques sur les terrains agricoles si elles couplent une production photovoltaïque secondaire à une production agricole principale, avec une synergie de fonctionnement qui puisse être démontrée. Face aux nombreuses interprétations possibles de cette définition, l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) préconise de son côté de renforcer les critères d’appréciation.

Ainsi, la condition première à l’installation agrivoltaïque devrait être l’existence d’un besoin réel de l’exploitation. Deuxièmement, les incidences de ce système sur la production agricole, et sur les revenus de l’exploitation doivent être mesurées.

En outre, l’Ademe préconise l’analyse du système dans le contexte local, au regard de la pérennité du projet agricole, des impacts potentiels sur la transmission, ou de la réversibilité de l’installation agrivoltaïque. Enfin, il est également primordial d’évaluer l’impact sur les sols, les impacts environnementaux et paysagers et la capacité d’adaptation de la structure photovoltaïque aux évolutions de cultures agricoles et d’itinéraires techniques. Autant de critères d’évaluation qui, pour le moment, ne sont pas obligatoires pour mettre en place une installation agrivoltaïque.


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