États généraux de l'alimentation Le Premier ministre appelle à relever les défis

AFP

Répartir la valeur, rétablir la confiance e répondre aux attentes de consommateurs : le Premier ministre Édouard Philippe a exhorté les professionnels de l'alimentation à relever ces défis durant les États généraux de l'alimentation dont il inaugurait jeudi les travaux.

« Certains les qualifieraient de faiblesses. Je préfère le mot de défis. Une faiblesse, ça se constate, ça se déplore, ça se compense. Un défi, ça se relève », a déclaré le Premier ministre Édouard Philippe après avoir cité Fernand Braudel et "La terre qui meurt" de René Bazin. Il a demandé aux participants de répondre dans un premier temps à plusieurs questions : « Pourquoi une partie de la valeur ne redescend pas de la distribution vers la production ? » et « Pourquoi certains producteurs se font mieux entendre que d'autres dans le cadre de leurs négociations commerciales ? ».

Participent à cette première journée, jeudi, des États généraux de l'alimentation 500 personnes d'horizons divers : syndicats agricoles, assureurs, ONG environnementales ou caritatives, associations de consommateurs, professionnels de santé, représentants de l'industrie agroalimentaire et de la distribution, de onze ministères et de la Commission européenne. 

Concernant la répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière alimentaire, « je ne suis pas là pour désigner des coupables, mais pour trouver des solutions. Pas des solutions de court terme en attendant la prochaine crise agricole, mais des solutions pérennes, dans le cadre de relations commerciales normales. L'État ne peut pas et ne doit pas se substituer au marché », a-t-il indiqué. La question de la confiance a deux visages car il faut la rétablir « entre les acteurs, comme on dit pudiquement », mais aussi avec les consommateurs.

« Je n'ai ni la prétention, ni la naïveté de faire table rase du passé. Je pense simplement qu'une discussion, franche, directe, difficile mais honnête vaut mieux que de mauvais compromis noués sur fond de défiance », assure-t-il. Mais pour cela il faut jouer collectif, selon le Premier ministre. « S'il y a une chose que la mondialisation a changé, c'est qu'on ne peut plus combattre en ordre dispersé. Il faut s'organiser ». Or, « notre efficacité collective laisse à désirer », estime-t-il. Vis-à-vis des consommateurs, « on sait que moins le risque est élevé, plus sa survenue paraît scandaleuse (...) et qu'il faut des mois, voire des années » pour reconquérir leur confiance « à la suite d'une crise », a-t-il insisté.

Édouard Philippe a donc conseillé aux filières alimentaires de « supprimer les boîtes noires et autres angles morts qui suscitent inutilement la méfiance », alors que, « bien souvent, il n'y a d'ailleurs rien à cacher ! » Enfin, le Premier ministre a jugé qu'il était nécessaire de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs quand elles s'inscrivent dans la durée car « ces tendances correspondent à des secteurs de niche, en forte croissance. Elles créent de la valeur ». « Dans cette démarche, l'État est une partie prenante parmi d'autres. Une partie éminente, incontournable, mais une partie parmi d'autres », a encore déclaré M. Philippe, en rappelant leur responsabilité aux parties prenantes dans ces États généraux de l'alimentation.

Quant au ministre de l'agriculture Stéphane Travert, il espère que ces États généraux seront l'occasion de « trouver des accords gagnant-gagnant-gagnant, et de renforcer le triptyque producteurs, transformateurs, distributeurs ». « Depuis trop longtemps, en France, nous sommes soumis à une forme de négociation sous contrainte qui se finit toujours quand un des acteurs se retrouve broyé par l'autre. Aujourd'hui, je souhaite qu'on soit dans une culture de compromis. Comme l'a dit Emmanuel Macron durant sa campagne : il faut faire travailler les progressistes des deux rives, c'est ce que nous faisons ici dans ces États généraux », a clamé le ministre.


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