Suite des mobilisations FNSEA-JA Le Premier ministre rassure les syndicats

Terre-net Média

Suite à la manifestation et aux blocages du 27 novembre, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont obtenu un rendez-vous avec le Premier ministre, le 3 décembre. S’il réserve ses annonces aux jours qui viennent, notamment en ce qui concerne les ZNT, Édouard Philippe a tenu à rassurer les représentants des agriculteurs sur certains points clés, comme le renforcement des sanctions en cas d’intrusion dans les élevages, ou sur la volonté du gouvernement de mettre la pression sur les distributeurs et les industriels qui ne jouent pas le jeu de la loi Égalim.

A l'issue de leur rendez-vous, Christiane Lambert et Samuel Vandaele estiment avoir été écoutés par le Premier ministreÀ l'issue de leur rendez-vous, Christiane Lambert et Samuel Vandaele estiment avoir été écoutés par le Premier ministre. (©Terre-net Media)

Après une manifestation nationale et un blocage du périphérique parisien par les tracteurs, le 27 novembre, la FNSEA et JA avaient finalement suspendu leurs actions en attendant un rendez-vous avec Édouard Philippe, prévu le 3 décembre.

« Nous avons eu de l’écoute sur nos différents sujets », a salué Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à l’issue de la rencontre. Les représentants des deux syndicats estiment en effet avoir reçu le soutien du Premier ministre sur différents points clés, notamment sur la question des produits phytosanitaires. « Nous voulons que la science prévale », a rappelé Christiane Lambert, un point de vue qu’elle dit avoir également « entendu de la bouche du Premier ministre ». Ce dernier doit s’exprimer dans les prochains jours sur les ZNT et le calendrier de mise en œuvre, ont expliqué les représentants des deux syndicats. Vraisemblablement, les arrêtés ne devraient pas aller plus loin que les distances préconisées par l'Anses.

Égalim : davantage de pression et de sanctions

Sur le sujet du revenu, « important aussi pour que nous puissions réaliser les transitions », a rappelé Samuel Vandaele, président de JA, le Premier ministre a rappelé, comme le ministre de l’agriculture la semaine passée, que la loi Égalim n’avait pas tenu toutes ses promesses et affirmé que les sanctions seraient prises à l’encontre de ceux qui ne respectent pas les dispositions permettant un retour de valeur aux producteurs. Un comité de suivi des relations commerciales est prévu le 10 décembre et permettra de faire le point sur les effets de la loi. Des sanctions plus fortes sont par ailleurs prévues dans le cadre de la lutte contre l’agribashing, via le délit d’entrave, dans le cadre des intrusions sur les exploitations.

Concernant les accords de libre-échange, sources de distorsions de concurrence importantes vis-à-vis des produits français soumis à des normes beaucoup plus strictes, Édouard Philippe a assuré que « ce gouvernement ne signera pas le Mercosur », a indiqué Samuel Vandaele. En revanche, il n’a pas donné de garanties concernant l’accord Ceta, qui doit être prochainement ratifié par le Sénat.

Enfin, Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, a également alerté le Premier ministre sur le problème de la taxation des produits français annoncée le 2 décembre par le président américain Donald Trump en réaction à la taxe sur les Gafa. Certains produits comme les fromages, les yaourts ou les vins pétillants pourraient ainsi subir une taxation supplémentaire allant jusqu’à 100 %. « Notre secteur ne peut pas subir les dommages collatéraux », a insisté Jérôme Despey, qui demande au gouvernement de se mobiliser sur le sujet.

La réforme des retraites, une avancée pour les agriculteurs

Par ailleurs, les deux syndicats ne seront pas mobilisés le 5 décembre, jour de grève contre la réforme des retraites, car « cette réforme ne peut apporter que du mieux pour les retraites agricoles », a indiqué Christiane Lambert, rappelant que les retraités agricoles gagnent en moyenne 780 euros pour les hommes (pour une carrière complète), et 580 € pour les femmes. La pension de retraite des exploitants agricoles est de plus calculée d’après les revenus de l’ensemble de la carrière, alors que pour la plupart des professions, le calcul s’avère plus favorable (25 meilleures années, six derniers mois…), ajoute la présidente de la FNSEA.


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