Covid-19 Les coopératives agricoles, fragilisées, réclament un plan de relance

AFP

Les coopératives agricoles ont réclamé jeudi un « plan de relance » afin de les aider à se relever d'une crise sanitaire qui les a fragilisées et de restaurer la souveraineté alimentaire française.

« La chaîne alimentaire a tenu bon, mais les coopératives ont souffert pendant cette crise », a déclaré lors d'un point presse Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, qui rassemble trois agriculteurs français sur quatre.

« Nous sommes passés au fil des semaines d'une crise sanitaire qui a nécessité une urgence absolue pour assurer la continuité de la chaîne alimentaire, à une crise économique qui s'est logée aujourd'hui dans les entreprises et qui a des conséquences sur les marchés de matières premières, l'activité agricole et la rémunération » des producteurs, a alerté Dominique Chargé.

Une perte moyenne de 28 % de chiffre d'affaires sur trois mois

Les coopératives « ont subi une perte moyenne de 28 % de chiffre d'affaires sur la période de mars à mai avec des écarts importants », selon une enquête auprès des adhérents de la Coopération agricole.

Si les ventes en grande distribution sont restées stables, la fermeture de la restauration hors domicile et les freins à l'exportation engendrés par la pandémie de Covid-19 ont gravement touché les boissons alcoolisées, mais aussi les viandes bovines et ovines et les produits laitiers, entre autres.

« L'agriculture et l'agroalimentaire auront besoin d'un plan de relance pour s'inscrire dans la durée avec les objectifs de restauration de souveraineté alimentaire et de réponse aux attentes sociétales, notamment à travers la transition agroalimentaire », a appuyé Dominique Chargé.

Il a présenté un plan comportant une trentaine de mesures, parmi lesquelles un renforcement des fonds propres des coopératives, « pour faire face aux difficultés qu'a engendrées la crise et faire face à l'importance des investissements qu'elles ont à conduire », notamment dans la transition agro-écologique.

Pour ce volet, Dominique Chargé a évoqué la création d'un « fonds de transition agro-écologique, abondé par des crédits publics et des opérateurs économiques qui permettraient de financer les filières agricoles qui investissent dans ces conversions écologiques et l'évolution des modèles de production ».

L'un des grands axes de ce plan est la promotion du « produit en France », aussi bien sur le marché intérieur, en faisant en sorte « que la grande distribution soit plus active dans la mise en avant » des produits français, qu'à l'export, en valorisant davantage les produits français dans les grands salons internationaux.

« La pénurie alimentaire a été évacuée et nous avons fait face. (...). Nous ne devons pas pour ces deux motifs être évacués de ce plan de relance », a conclu Dominique Chargé.


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