Congrès des Cuma à Angers Luc Vermeulen, président : « Les Cuma sont une solution à la crise agricole ! »

Terre-net Média

Elu mardi 24 mai 2016 à la présidence de la FNCuma pour trois ans, Luc Vermeulen, agriculteur dans le Nord, estime que la dynamique des Cuma peut aider certains producteurs confrontés à des difficultés économiques. Interview.

A la tribune du congrès des Cuma à Angers, Stéphane Gérard salue son successeur Luc Vermeulen à la présidence du réseau et les nouveaux membres du bureau.A la tribune du congrès des Cuma à Angers, Stéphane Gérard salue son successeur Luc Vermeulen à la présidence du réseau et les nouveaux membres du bureau. (©PierreCriado)

Terre-net : Quel bilan faites-vous de l’activité des Cuma ces dernières années ?

Luc Vermeulen : Ce n’est pas nouveau, le nombre d’exploitants agricoles diminue. On constate aussi une érosion du nombre de Cuma, passé de 12 000 à 11 500 ces dernières années. Mais leur chiffre d’affaires augmente, de même que leur nombre d’adhérents. Cela montre que la Cuma est toujours un outil pertinent qui répond au contexte économique difficile que connaissent les agriculteurs.

LUc Vermeulen
Nouveau président de la FNCuma, Luc Vermeulen est originaire du Cambrésis dans le Nord (59). il est âgé de 50 ans et s'est installé en 1988 sur l’exploitation familiale. Il a créé une cuma intégrale, la cuma d’Élincourt. Aujourd’hui, il est associé en Gaec avec son fils Benjamin, en grandes cultures et légumes de plein champ.

Terre-net : Comment se traduisent, au sein des Cuma, les difficultés économiques ?

Luc Vermeulen : Les difficultés rencontrées par les Cuma sont à géométrie variable, selon les niveaux d’implication et le degré de dévolution de la Cuma dans les exploitations. Plus un groupe d’agriculteurs est impliqué et engagé dans sa Cuma, plus le concept de la Cuma est exploité, plus la délégation de matériels est grande et moins les Cuma et leurs adhérents ont des difficultés.

La mutualisation du matériel et l’organisation des hommes autour de la mécanisation sont des leviers importants pour réduire les coûts de revient. Toutes les Cuma qui sont allées loin dans la démarche coopérative sont mieux armées pour affronter les difficultés. Et les agriculteurs très engagés dans une Cuma peuvent davantage se concentrer sur des activités apportant de la valeur ajoutée.

Je suis persuadé que les Cuma sont une des solutions aux difficultés et aux mutations que nous traversons. Nous avons encore des marges de manœuvre énormes autour de la réduction des charges en nous organisant mieux autour de la mécanisation, en développant l’emploi partagé et la délégation totale d’activité.

Terre-net : A vous entendre, la Cuma est la solution à tout…

Luc Vermeulen : Les Cuma ont leurs limites. Elles doivent poursuivre leur développement autour de la gestion de la mécanisation des exploitations. Mais le statut des Cuma ne suffit pas pour d’autres activités, notamment dans la production d’énergies renouvelables.

Terre-net : Quelles sont vos priorités pour les trois années du mandat qui démarre ?

Luc Vermeulen : Nous devons poursuivre nos efforts pour développer le réseau Cuma, le nombre d’adhérents, le chiffre d’affaires.

Dans notre projet politique présenté en 2012, nous avions parlé de « coopératives de production ». Nous devons dans ce sens contribuer à l’émergence de nouvelles formes de coopératives pour répondre aux besoins des agriculteurs. En matière de commercialisation des productions ou de valorisation des énergies renouvelables, des statuts adaptés sont nécessaires pour y développer une dynamique coopérative.

Faisons davantage en Cuma pour mieux affronter les difficultés.

Nous devons saisir aussi les opportunités qu’offre l’ère du numérique. La centralisation des données au sein de notre outil Cumanet permettra de les exploiter pour encore améliorer la performance économique des structures, et identifier les leviers de développement.

Je suis aussi convaincu que nous devons investir dans l’économie collaborative. Ce qu’on appelle l’ubérisation de l’agriculture ne doit pas être considéré comme une menace ou une nouvelle concurrence pour nous. Mais cette nouvelle tendance doit nous faire réfléchir sur la manière de conjuger le collaboratif et le coopératif.

Terre-net : Dès le début de la promotion, par Stéphane Le Foll, de son projet agro-écologique pour la France, la FNCuma a manifesté son intérêt pour la démarche du ministre ? Continuez-vous à vous impliquer dans le développement des GIEE ?

Luc Vermeulen : Oui ! La FNCuma a toujours montré son intérêt pour l’agro-écologie défendue par le ministre. De notre côté, nous préférons parler de GI3E : groupement d’intérêt économique, environnemental et expérimental. Nous voulons rester acteur du développement des GIEE, même si nous ne sommes pas totalement satisfaits : l’appui financier au développement des groupements est encore trop flou et certaines normes réglementaires doivent être assouplies pour faciliter l’essor d’activités ou techniques agro-écologiques.

En tout cas, le réseau des Cuma participera à la nuit de l’agro-écologie le 23 juin prochain.


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