Au salon de l'agriculture Marine Le Pen déclare « la guerre » au traité transatlantique

Afp

PARIS, 25 fév 2014 (AFP) - La présidente du Front National, Marine Le Pen, a déclaré mardi « la guerre » au traité transatlantique de libre-concurrence, lors d'une visite au salon de l'agriculture de Paris.

« Les nombreux élus que nous enverrons au Parlement européen mèneront la guerre contre le traité de libre-échange transatlantique », a déclaré Marine Le Pen lors d'une conférence de presse au stand de la brasserie française. Selon la député européenne, ce traité va « organiser un dumping systématique » de la production agricole française au profit des éleveurs et agriculteurs américains.

L'Union européenne et les Etats-Unis discutent depuis l'an dernier d'un accord de libre-échange, dont l'UE attend un bond de ses exportations de 28 %. Mais cet accord soulève des inquiétudes, notamment sur l'agriculture et tout particulièrement la culture des Ogm.

« Ce ne sont pas les Américains qui vont s'adapter à nos normes ! », a répliqué la présidente du FN à un éleveur bovin du Nord, inquiet de l'ouverture à la concurrence. « Ce projet est une condamnation à mort pour l'immense majorité de nos agriculteurs », a lancé Marine Le Pen. Selon elle, les producteurs américains sont plus aidés par l'Etat, leur taux de change plus faible favorise l'exportation et leurs coûts de production sont inférieurs à ceux des producteurs français : « trois points pour les "farmers", zéro pour nos agriculteurs», a résumé Marine Le Pen.

Elle a également regretté que le Parlement européen n'ait pas empêché la commercialisation de produits contenant des OGM. Pour le conseiller agricole de Marine Le Pen, Leif Blanc, on assiste à « une érosion de la situation des agriculteurs, aggravée par la conjoncture économique ». Leif Blanc dénonce aussi les accords de libre-échange établis avec le Canada et le Maroc, et insisté sur l'étiquetage précis de tous les produits alimentaires.

Le FN demande la nationalisation de la politique agricole commune (Pac), « une usine à gaz qui va envoyer toujours plus de producteurs dans le mur », selon Leif Blanc, pour qui l'agriculture doit « d'abord être gérée du point de vue social ».

La présidente du FN s'est également montrée solidaire des agriculteurs victimes de vols à grande échelle, confrontés selon elle au « mépris des pouvoirs publics ». Une coccinelle à la boutonnière, pour soutenir ces insectes « qui souffrent aussi de la concurrence asiatique », a-t-elle expliqué en plaisantant, Marine Le Pen a reçu un accueil chaleureux de la part de nombreux agriculteurs présents au salon, parcourant à partir de 10 heures le hall des bovins, avant d'aller à la rencontre des organisations professionnelles du secteur, mais pas des syndicats. Elle était accompagnée de la députée FN Marion Maréchal Le Pen, du candidat à la Mairie de Paris, Wallerand de Saint Just, et de Louis Aliot, vice-président du parti. 

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche à jugé mardi après-midi dans un communiqué que les déclarations de Marine Le Pen sont « une tartufferie (...) risible ». « Cinq ans après que j'ai lancé l'alerte, Marine Le Pen se réveille ! A la veille des élections européennes, elle prétend soudain faire la "guerre" au Grand Marché Transatlantique entre l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique », écrit-il. « Ce réveil électoraliste ne doit pas faire trop faire illusion. En effet, dans cette "guerre", les amis de Madame Le Pen ont déjà capitulé », ajoute-t-il. Il cite la région Paca où « le groupe FN a voté contre la motion du Front de gauche qui condamnait ce projet de libre-échange généralisé » et où « Jean-Marie Le Pen a préféré manquer la réunion du conseil régional pour ne pas avoir à prendre position ». 


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