; Congrès de l'AGPB : des gages pour la souveraineté alimentaire

Congrès des céréaliers Pac, Farm to Fork, assurance récolte, souveraineté : l’AGPB reste vigilante

Terre-net Média

Dans un contexte particulier, les céréaliers de l’AGPB restent « tournés vers l’avenir » et engagés pour la souveraineté alimentaire et énergétique de la France, conforté par les orientations politiques prises dans le cadre de la guerre en Ukraine. S’ils travaillent à une production durable, notamment via les crédits carbone, ils attendent également la confirmation des éléments du PSN et la finalisation de la réforme de l’assurance récolte.

Eric Thirouin, président de l'AGPB, au congrès des céréaliers le 8 juin 2022, à Paris.Eric Thirouin, président de l'AGPB, au congrès des céréaliers le 8 juin 2022, à Paris. (©Terre-net Média)

En raison de la période de réserve, le ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, ne s’est pas exprimé au congrès des céréaliers, qui s’est tenu le 8 juin à Paris, mais a échangé à huis-clos avec les représentants de l’AGPB. L’occasion, pour Eric Thirouin, président de l’AGPB, de rappeler les principales préoccupations des céréaliers dans ce contexte particulier, entre explosion du prix des intrants, guerre en Ukraine, et aléas climatiques exceptionnels comme les orages et la grêle qui ont ravagé un certain nombre d’exploitations le week-end dernier. L’AGPB souhaite d’ailleurs, suite aux dégâts occasionnés, l’ouverture du régime des calamités agricoles aux grandes cultures.

Le président de l’AGPB a ainsi évoqué le sujet des Prêts garantis par l’Etat (PGE), un dispositif exceptionnel de crédit avec garantie publique qui avait notamment été mis en place lors de la crise sanitaire, et dont la fin est prévue le 30 juin. Le sujet des contrats était également sur la table, pour alerter sur la nécessité de les respecter malgré les difficultés actuelles, mais aussi pour faciliter la mise en place de contrats pluriannuels avec les filières animales. « On va demander un avantage fiscal pour débloquer ce frein culture qu’on a pour s’engager sur plusieurs années entre céréaliers et éleveurs », explique Eric Thirouin, alors que la pluriannualité s’avère nécessaire pour que le dispositif soit gagnant-gagnant.

Etre « à l’offensive » au lendemain des législatives

L’AGPB s’inquiète également de la mise en place de la future Pac, car si la version française du plan stratégique nationale (PSN) était satisfaisante pour le syndicat, les discussions se poursuivent, notamment après les remarques de la Commission sur les écorégimes. Or, « on a besoin de savoir maintenant, pour nos assolements, ce qu’il en est des surfaces en non production », explique Eric Thirouin, car la dérogation n’est valable que pour cette année.

Alors que la guerre en Ukraine redonne du sens au concept de souveraineté alimentaire, l’AGPB entend bien également rappeler, en cette année électorale, que les grandes cultures « sont le pilier d’une souveraineté durable ». « Il faut mobiliser le potentiel productif, cependant le défi humanitaire du produire plus n’invalide pas l’urgence planétaire du produire mieux », insiste Eric Thirouin, qui promeut « une troisième voie » entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. « Nous allons nous battre, au niveau de l’UE, pour réintégrer l’objectif de souveraineté dans la stratégie Farm to Fork et redonner une ambition de croissance au Green Deal », ajoute le président de l’AGPB.

Le syndicat sera « à l’offensive » au lendemain des législatives, veillant à ce « que l’Etat alloue à l’agriculture les moyens budgétaires à la hauteur des enjeux », en particulier sur l’assurance récolte, dans le projet de loi de finances pour 2023.

Au-delà de contribuer à la souveraineté alimentaire de la France, les céréaliers entendent aussi faire valoir leur rôle dans la souveraineté énergétique, mais aussi dans la lutte contre le changement climatique. Les crédits carbone seront, par exemple, l’un des enjeux majeurs des prochaines années, que ce soit en matière de développement ou de valorisation. L'AGPB appelle ainsi les pouvoirs publics à "se mobiliser pour renforcer nos filières face aux enjeux de demain", à travers la gestion des risques, la troisième révolution agricole, ou encore les paiements pour services environnementaux.


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