Rémunération des agriculteurs Qu'elle soit « juste », une « impérieuse nécessité » selon Julien Denormandie

AFP

Le ministre de l'agriculture Julien Denormandie a apporté jeudi son soutien à une proposition de loi de la majorité destinée à « protéger la rémunération des agriculteurs », un texte « d'une impérieuse nécessité » face à la « guerre des prix » entre industrie et distribution.

Cette proposition de loi de Grégory Besson-Moreau (LREM) a vocation à compléter l'arsenal de la loi alimentation ou « Égalim » votée en 2018, qui a notamment encadré les promotions et relevé le seuil de revente à perte afin d'enrayer la course aux prix bas en magasins. Mais elle n'a pas tenu ses promesses en termes de rémunération pour les agriculteurs.

Le nouveau texte prévoit de généraliser les contrats écrits entre l'agriculteur et l'entreprise qui va transformer ses produits, sur trois ans minimum, en tenant compte des coûts de production. Et de rendre « non négociable », entre l'industriel et le distributeur, la part du prix correspondant au coût des matières premières agricoles.

Il s'agit de mettre « au cœur de la négociation la matière agricole » selon le ministre : « Même si la situation s'est améliorée, la guerre des prix perdure », et « elle est antinomique avec la poursuite de notre modèle agricole, fondé sur la qualité ». « Or la qualité doit être rémunérée. Il nous faut agir vite pour que dès les prochaines négociations commerciales, elles puissent être différentes de ce que nous venons de vivre », a-t-il plaidé, souhaitant « passer de la défiance à la confiance, de la guerre des prix à la transparence des marges, au bénéfice des agriculteurs ».

« Le revenu paysan a continué de se dégrader »

Cependant, il faut « avancer sans manichéisme », « réguler pour protéger, sans étouffer » afin de maintenir « une concurrence saine », a-t-il prôné. Aux inquiétudes sur une possible hausse des prix alimentaires en répercussion, Julien Denormandie a répondu qu'« il faut d'abord stopper la déflation » et « ne pas confondre politique sociale et politique agricole ».

La proposition de loi est accueillie favorablement par les oppositions, qui la jugent cependant limitée. Julien Dive (LR) a pointé des « angles morts », notamment sur la structuration des filières et « le rôle du consommateur ». Le socialiste Dominique Potier a évoqué « la distorsion de concurrence brutale » entre « un cartel des acheteurs » des produits agricoles, « à travers une poignée de centrales d'achat », et « 300 000 à 400 000 producteurs ».

« Le revenu paysan a continué à se dégrader » et cette proposition de loi sonne comme un « aveu implicite de l'échec d'Égalim qui ne permet pas un rééquilibrage durable » des relations commerciales, a renchéri le chef de file des députés communistes André Chassaigne. Plus de 400 amendements ont été déposés.


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