Congrès de Coop de France à Paris S. Le Foll partisan de la politique de l’offre pour gagner en compétitivité

Terre-net Média

Pour le ministre de l’Agriculture, la double performance économique et écologique et la restauration de la compétitivité vont de paire. Un parti pris qui ravit Philippe Mangin, président de Coop de France. D'autant qu'il a appris le remplacement du Cice par un autre dispositif permettant de réduire le coût du travail.

A gauche Philippe Mangin, président de Coop de France et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture. Dans la salle de Congrès Porte Maillot,ils sont entourés par les présidents des sections grains, élevages et Luzerne de Coop de France. A gauche Philippe Mangin, président de Coop de France et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture.
Dans la salle de Congrès Porte Maillot, ils sont entourés par les présidents des sections grains,
élevage et Luzerne de Coop de France. (©Coop de France)

Philippe Mangin, président de Coop de France, n’est plus seul à la barre pour restaurer la compétitivité des coopératives. A son grand étonnement, son cap est aussi celui de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Au point de reléguer au second plan ses déceptions vis-à-vis de la réforme de la Pac et du projet de loi d’avenir pour l’agriculture bientôt présenté au Parlement. Pour le président de Coop de France, ni l'un ni l’autre ne sont à la hauteur des défis que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire doivent relever dans l’urgence. Nous y reviendrons ultérieurement.

Sans renier la nécessité de concilier performance économique et écologique, c’est un ministre de l’Agriculture partisan de la « politique de l’offre » qui a apporté, mercredi 18 décembre 2013, un certain nombre de réponses concrètes aux revendications majeures des coopératives et de ses mille représentants en congrès à Paris.

Un autre dispositif que le Cice

La première réponse est la volonté de trouver un dispositif équivalent au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice). En effet, les coopératives ne peuvent pas bénéficier de ce dernier puisqu’elles ne paient pas, en raison de leur statut, d’impôt sur les sociétés. L’enjeu est de réduire de 4 % dès cette année et de 6 % à partir de l’an prochain, le coût du travail pour accroître les marges des coopératives et investir. Résultat, c’est à Matignon, avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et en associant la Banque publique d’investissement que Stéphane Le Foll propose à Philippe Mangin d’étudier une solution alternative. « C’est à nous de trouver les bases de la compensation au Cice dans le domaine de la production et de l’investissement », a conclu sur ce sujet Stéphane Le Foll.

Stéphane Le Foll a aussi ravi son hôte en lui apprenant que tout serait mis en œuvre pour que les conditions générales de vente qui figurent dans les contrats passés avec la grande distribution soient respectées. Elles devront être associées à des contreparties équilibrées. Et en cas d’abus, la publicité des sanctions s’imposera.

Pierre Gattaz, présiennt du Medef, le grand témoin du Congrès de Coop de France. Il a exposé quelle devrait être la politique économique de redressement à conduire pour que la France retrouve le chemin de la compétitivité et de la croissance.Pierre Gattaz, président du Medef, le grand témoin du Congrès de Coop de France. Il a exposé quelle devrait être la politique économique de redressement à conduire pour que la France retrouve le chemin de la compétitivité et de la croissance. (©Coop de France)

Recherche de compétitivité

« La compétitivité n’est pas seulement une question de coût, c’est aussi l’innovation et la montée en gamme des produits », a défendu le ministre de l’Agriculture. « C’est pourquoi nous avons besoin de mobiliser la Coopération pour créer de la valeur ajoutée, des emplois et du pouvoir d’achat », ajoute-t-il. Une augmentation du Smic n’est pas dans le contexte actuel, toujours selon le ministre de l’Agriculture, la solution appropriée pour augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs comme ne l’est pas non plus la course à la baisse des prix. « Elle détruit de la valeur, de l’emploi et les tissus productifs ».

Les présidents des quatre filières de Coop de France et Philippe Mangin ont bu « du petit lait » en entendant les paroles de Stéphane Le Foll. Et pourtant c’est un ministre socialiste qui a tenu un discours de politique économique et industrielle.

La loi d'avenir agricole, un sujet qui fâche

Mais Stéphane Le Foll s’est bien gardé de raviver les polémiques sur l’écotaxe, un dispositif que Philippe Mangin juge « intenable, inefficace et injuste » et dont il « salue la sagesse de la suspension ». Mis en place, « il aurait davantage pénalisé les transports de produits agroalimentaires sur de petites distances que ceux engagés sur des centaines de kilomètres ».

Pas un mot non plus sur la Cce, la Contribution climat énergie dont la collecte est destinée à financer en partie le Cice.       

Mais comme nous l’avons mentionné précédemment, le contenu du projet de loi pour l’avenir de l’agriculture fâche. Pour le ministre de l’Agriculture, les coopératives auront toute leur place dans les Groupements d’intérêt économique et environnemental (Giee), mesure phare du texte. Mais pour Philippe Mangin, la dimension économique de ce texte de loi est trop timide par rapport aux ambitions affichées pour regagner des parts de marché à l’export. Il manque aussi, toujours selon lui, un chapitre consacré à la recherche et à l’innovation pour produire plus et mieux de nouveaux produits de masse. « L’agriculture française ne peut pas être réduite à une activité de niche avec des produits haut de gamme quand nos voisins se lancent dans l’agriculture industrielle avec des produits à bas prix ! ».

Autre sujet pour lequel Coop de France est sévère : la mise en œuvre de la Pac en 2015. Sa réforme « est une occasion manquée de situer l’agriculture française dans le 21ème siècle. Aux aides couplées versées aux éleveurs dont le président de Coop de France doute de l’efficacité à moyen terme, Philippe Mangin aurait préféré des instruments de régulation avec des filières de marché et davantage d’acharnement pour réduire les distorsions sociales avec nos voisins allemands (salaire minimum, statut des salariés détachés par exemple) sources de destructions massives d’emplois en France.


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