E. Macron sur une ferme en Côte d’Or Sur le terrain, le président vient saluer le travail des agriculteurs

Delphine Jeanne avec AFP Terre-net Média

Pour marquer son attention au secteur agricole malgré l’annulation du salon de l’agriculture, le chef de l’Etat s’est rendu ce 23 février sur une exploitation familiale à Etaules, en Côte d’Or. Après une visite de la ferme, qui tire une partie de ses revenus de la diversification, une table-ronde sur la répartition de la valeur a réuni des représentants des différents maillons de la chaîne alimentaire.

Deux ans après la loi Egalim, les résultats, notamment la remontée de la valeur aux agriculteurs, ne sont pas encore au rendez-vous, et les relations au sein des différents maillons de la filière ne sont pas encore pacifiées, comme l’illustrent les fortes tensions au sein des négociations commerciales actuelles. Alors que ces dernières doivent s’achever fin février, le président de la République a choisi de rappeler l’importance d’une plus juste répartition de la valeur, lors d’un déplacement sur ce thème sur une exploitation proche de Dijon, le 23 février.

« Merci de nous nourrir »

La ferme donnait à voir un modèle de diversification, en phase avec la nécessité de création de valeur prônée par Emmanuel Macron, qui a salué, après sa visite, « un exemple formidable de ce que nos agriculteurs sont capables d'accomplir ».

L’exploitation familiale élève des moutons et des porcs sur paille, et compte également une pension pour chevaux. 400 hectares sont cultivés en oléagineux, céréales et légumineuses pour l'alimentation des animaux. Les agriculteurs ont également mis en place un atelier de transformation et pratiquent la vente directe.

L'annulation du salon de l'agriculture privant le chef de l'État de l'inauguration traditionnelle, ce dernier a cependant tenu à apporter son soutien au monde agricole, remerciant tous les agriculteurs de leur travail pour nourrir la population.

En pleine polémique sur les menus sans viande de la ville de Lyon, Alexandre Estalivet, l'un des exploitants de la ferme d'Étaules, a de son côté rappelé l'importance de l'élevage pour l'équilibre des exploitations agricoles et des territoires. « Je ne suis pas forcément contre une journée sans viande, moi ce que je demande c'est que lorsqu'on sert de la viande, elle soit de qualité, et la viande française l’est, il faut qu’on soit fier de notre élevage ».

Il a expliqué à Emmanuel Macron que les agriculteurs étaient « prêts à faire beaucoup d'efforts pour la transition écologique » si l'État « les soutenait et n'ajoutait pas des règles encore plus contraignantes ».

« Le drame de l'agriculture française c'est qu'il n'y aura pas de paysans s'il n'y a pas de revenus », a renchéri Christian Decerle, président de la chambre régionale d'agriculture, au cours de la table-ronde.

Table-ronde sur la répartition de la valeur

« Pour moi, l'élevage est primordial sur l'exploitation », a expliqué l'éleveur, tout en soulignant également l'importance de s'y retrouver économiquement. « On travaille plus de 60h par semaine en moyenne sur une année, si à la fin on n'a pas de salaire, déjà qu'on n'a pas beaucoup de vie de famille, c’est pas possible ».

C'est bien sur ce sujet d'une plus juste répartition de la valeur que le président a tenu à prendre à bras le corps. Missionné pour élaborer des propositions sur l'amélioration des relations commerciales, l'ancien PDG de Système U, Serge Papin, a ainsi animé une table-ronde sur le sujet, avec un panel d'intervenants représentants les différents maillons de la chaine alimentaire : Pascale Hebel, directrice du pôle consommation et entreprise du Crédoc, Marion Colson-Estivalet, agricultrice et gérante de la ferme d'Étaules ; Aurélie Blondon, agricultrice à Coulmier-le-Sec en Côte-d'Or ; Gilles Pousse, producteur laitier dans la Sarthe et président de l’association des producteurs laitiers Bel de l’ouest (APBO) ; Christophe Richardot, directeur général de la coopérative et du groupe Dijon Céréales ; Vincent Lavier, président de la chambre départementale d’agriculture ; Christian Decerle, président de la chambre régionale, représentant la démarche Savoir-faire 100% Côte d’Or ; Marie-Thérèse Bonneau, éleveuse laitière en Vendée, secrétaire générale de la fédération nationale des producteurs de lait ; Michel Biero, directeur exécutif de Lidl France ; Marc Delage, directeur de la catégorie lait du groupe Carrefour et Emmanuel Vasseneix, président du groupe LSDH.

Emmanuel Macron a souhaité que les producteurs, les transformateurs et les distributeurs « se réconcilient » et ne jouent plus « les uns contre les autres ». « C'est dans l'intérêt de tout le monde que les négociations se passent bien », a-t-il indiqué.

Suite à la table-ronde, le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, qui accompagnait le président, a continué les échanges avec les représentants du monde agricole lors d'une réunion à la préfecture de Dijon.


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