États généraux de l'alimentation Tout le monde est loin d'être d'accord

AFP

Le gouvernement a ouvert, en l'absence d'Emmanuel Macron, cinq mois de débat national sur le bien-manger et le bien-produire, destinés à trouver d'ici fin 2017 des solutions pour sortir de la crise agricole tout en prenant en compte les enjeux climatiques et de santé publique. Mais les différents participants, dont les représentants de la grande distribution, des consommateurs, sont loin d'être unanimes sur les mesures à prendre.

Les agriculteurs sont focalisés sur la question des prix agricoles, vitale pour eux, et les associations environnementales ou de consommateurs ont exprimé avant le démarrage la peur de voir leurs préoccupations mises de côté. Au banc des accusés, la grande distribution et ses guerres des prix est sommée de dire si elle accepte des prix en hausse et moins de marges pour permettre aux producteurs de vivre, a estimé mercredi Michel Édouard Leclerc, le patron des supermarchés du même nom. Comme gage de bonne volonté, des associations d'industriels, des organismes agricoles et la Fédération du commerce et de la distribution ont établi conjointement en amont de la rencontre un "diagnostic de la filière alimentaire", distribué aux participants. « On n'aurait pas fait ça il y a un an », a commenté un des signataires, le président de l'Ilec (représentant les plus gros industriels), Richard Panquiault.

Mais tout le monde est loin d'être d'accord. « J'espère que ces États généraux ne vont pas être une opération pour justifier une vaste augmentation des prix à la consommation », s'est exclamé Alain Bazot, le patron de l'UFC Que Choisir. Les débats ont déjà opposé beaucoup d'autres arguments : malbouffe industrielle contre impératifs de santé publique à l'heure où 17 % de la population est en surpoids ou obèse, agriculture industrielle exportatrice contre production vivrière locale de qualité, bio ou pas.

La répartition des 5 milliards d'euros du plan de modernisation de l'agriculture en débat

Sur la défensive, le patron du marché de gros de Rungis, Stéphane Layani, a demandé à l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) si une étude avait été faite pour prouver « les effets de la gastronomie et du bien-manger sur la santé des Français »

Les travaux continueront jusqu'à mi-novembre au travers de quatorze ateliers rassemblant chacun une quarantaine de personnes. Au sommet de la pyramide, un atelier transversal sera férocement discuté, celui qui doit aborder la répartition des 5 milliards d'euros du plan de modernisation de l'agriculture promis durant la campagne. Il ne faut pas que ce plan « serve seulement à rénover des bâtiments, augmenter la taille des élevages et construire des retenues d'eau pour irriguer du maïs », prévient déjà l'association WWF, en assurant que « c'est la ligne de la FNSEA ».

Par ailleurs, une consultation sur internet est ouverte à tous à partir de jeudi (egalimentation.gouv.fr), sans que l'on sache exactement comment les contributions seront intégrées à « l'agenda des solutions » annoncé par M. Travert à la fin de l'année.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous