Irrigation Un millier d'agriculteurs manifestent à Mont-de-Marsan

AFP

Quelque 1 200 agriculteurs du sud-ouest manifestaient mardi à Mont-de-Marsan devant la préfecture des Landes pour dénoncer une éventuelle « baisse des autorisations de prélèvement d'eau » pour l'irrigation après une décision de justice, selon la préfecture et les syndicats.

Les manifestants appuyés par quelque 70 tracteurs, venus également du Gers, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées, se sont rassemblés à l'appel des Jeunes Agriculteurs (JA) de Nouvelle-Aquitaine devant la préfecture dont ils ont arrosé la cour d'eau, après avoir déversé de la terre et du foin devant un bâtiment administratif un peu plus loin. « Aujourd'hui, s'attaquer à l'eau, c'est s'attaquer à l'acte de production.

Nous ne comprenons pas que certains mouvements trop idéologiques nient cette réalité », a fait savoir la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, venue sur place pour apporter son soutien aux agriculteurs. Une délégation était reçue à la mi-journée en préfecture, selon cette source. Les manifestants dénoncent un jugement en février dernier du tribunal administratif de Pau qui entraînerait selon les JA, des « baisses significatives des volumes prélevés dès cette saison 2021 », touchant ainsi « toute l'économie agricole ». Les baisses pourraient être de « 30 à 50 % pour l'été prochain », s'alarment-ils.

Le tribunal, saisi par plusieurs associations environnementales, a annulé l'autorisation unique pluriannuelle de prélèvement d'eau, accordée depuis août 2017 au syndicat mixte Irrigadour, en charge de la gestion collective de l'eau. La décision du tribunal prévoit une période transitoire avec des « prélèvements plafonnés » avant une annulation définitive des prélèvements d'eau prévue le 31 mai 2022. La mobilisation « va durer tant que ça ne sera pas rétabli, parce que sans eau, il n'y pas de nourriture et donc pas d'agriculture », prévient Bastien Porte, agriculteur en polyculture-élevage.

Selon la Chambre de commerce et d'industrie des Landes, la « réduction d'irrigation pourrait entraîner un grave préjudice » pour le secteur du bassin de l'Adour, avec un « risque majeur » de délocalisation des activités agro-industrielles. Selon l'association de protection de l'environnement Sepanso, une des associations à l'initiative du recours, « les prélèvements passés étaient excessifs, les cours d'eau sont au plus bas, ça pose des problèmes environnementaux », a indiqué à l'AFP Georges Cingal, président de la fédération landaise.


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