Perspectives agricoles mondiales 2029 Une augmentation de la production tirée par la hausse des rendements

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Dans la prochaine décennie, la production agricole mondiale devrait progresser de 1,4 % par an pour répondre aux besoins de la croissance de la population. Cette évolution sera essentiellement liée à une hausse des rendements, prévoient l’OCDE et la FAO dans leurs perspectives agricoles.

D'ici 2029, l'augmentation de la production agricole mondiale sera surtout liée à l'augmentation de la productivité dans les pays à faibles revenus, comme ici au Burkina FasoD'ici 2029, l'augmentation de la production agricole mondiale sera surtout liée à l'augmentation de la productivité dans les pays à faibles revenus, comme ici au Burkina Faso (©Terre-net Média) 

Sans perturbations majeures du système commercial international, avec une croissance économique mondiale à 3,4 %, la production agricole mondiale devrait augmenter de 1,4 % par an au cours de la prochaine décennie, estiment l’OCDE et la FAO dans leurs perspectives agricoles publiées le 16 juillet. La pandémie de Covid-19 devrait avoir un impact à brève échéance, notamment dans les pays à bas revenus, générant un recul de la demande d’huile végétale et de produits d’origine animale. Cependant, si les mesures pour enrayer la progression de la maladie s’avèrent efficaces et que l’économie reprend, « la demande de produits agricoles et leurs prix retrouveront progressivement leur niveau de référence au cours des années suivantes », estiment les organisations.

La croissance démographique restera le principal moteur de l’augmentation de la production qui, de son côté, sera tirée par une hausse des rendements. Ainsi, 85 % de l’augmentation de la production végétale sera liée à une intensification de l’utilisation d’intrants, aux investissements dans les technologies et à l’amélioration des techniques culturales, principalement dans les pays à bas revenus.

L’élevage devrait également connaître une intensification dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires, pour une croissance de la production animale prévue à + 14 % au cours d’ici 2029, ce qui contribuera à l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), souligne le rapport.

Croissance limitée de la demande en biocarburants

Côté consommation, l’OCDE et la FAO estiment notamment que la demande en biocarburants faiblira, après une augmentation sensible au cours des dernières décennies. En cause, la multiplication des véhicules électriques et hybrides, qui réduisent plus efficacement les émissions de GES et conduiront les politiques publiques à retirer leur soutien au développement des biocarburants.

L’incorporation du maïs, particulièrement aux États-Unis, devrait ainsi connaître une faible évolution. Celle de canne à sucre devrait de son côté augmenter, passant de 23 % à 25 % en raison essentiellement de l’extension du programme brésilien Renova Bio qui doit permettre au Brésil de réduire ses émissions de GES. Enfin, l’utilisation d’huiles végétales comme biocarburant devrait baisser, passant de 14 % aujourd’hui à 12 % d’ici 2029, l’utilisation du gazole contenant du biocarburant étant également prévue à la baisse.

Réduction de la part de l’alimentaire dans les dépenses des ménages

Aucun bouleversement majeur de la structure de la demande mondiale en produits alimentaires n’est par ailleurs attendu, précise le rapport. Les consommateurs de pays à revenu intermédiaire devraient utiliser leur surcroît de revenu pour substituer des aliments de plus grande valeur aux aliments de base, tandis que dans les pays à revenu élevé, les préoccupations environnementales et relatives à la santé favoriseront probablement une transition des sources animales de protéines vers d’autres sources de protéines, ainsi que, plus immédiatement, le remplacement de la viande rouge par la volaille et le poisson.

La part de l’alimentation dans les dépenses totales des ménages devrait se réduire dans les pays à haut revenu, passant de 8 % à 6 % en 2029. Cette contraction sera moins prononcée dans les pays à faibles revenus, où la croissance du revenu par habitant devrait stagner.  

Enfin, si la pandémie de Covid-19 a entraîné d’importantes perturbations sur les marchés, ces derniers sont également confrontés à d’autres incertitudes, comme la propagation de maladies ou de ravageurs (peste porcine africaine, invasions de criquets…), la résistance de plus en plus forte aux antimicrobiens, la réglementation concernant les nouvelles techniques de sélection végétale, les phénomènes climatiques extrêmes… Et du côté de la demande, les incertitudes existent également face à l’évolution des habitudes alimentaires compte tenu des préoccupations sur la santé et l’environnement. L’innovation numérique et les accords commerciaux pourront, eux-aussi, changer la donne.


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