Perspectives
Un colza bas carbone à forte valeur ajoutée

Pour s'orienter vers des pratiques vertueuses et ne pas être soumis aux taxes infligées par Bruxelles, les gros consommateurs de carburants sont prêts à payer plus cher. (©OleoZE)
Pour s'orienter vers des pratiques vertueuses et ne pas être soumis aux taxes infligées par Bruxelles, les gros consommateurs de carburants sont prêts à payer plus cher. (©OleoZE)

Aux caractéristiques classiques de qualité qui qualifient une graine de colza, s’ajoute aujourd’hui la notion de durabilité, un critère lié aux gaz à effet de serre (GES) émis lors de sa production. Le marché européen du colza adossé à la filière industrielle des huiles et biocarburants entre ainsi dans une nouvelle phase. « À la notion de volumes, c’est-à-dire la proportion de biocarburants combinée aux énergies fossiles, s’ajoute celle de durabilité, via la réduction de l'empreinte carbone avant consommation », commente Damien Sagot, margine manager pour l'activité biodiesel chez Saipol (filiale du groupe Avril). Une performance écologique synonyme d'opportunités nouvelles et de revenus supérieurs pour les agriculteurs. En effet, la France, productrice de premier rang et pionnière sur le terrain des techniques culturales vertueuses, est en position favorable pour tirer son épingle du jeu.

Des clients prêts à payer plus cher pour des biocarburants bas carbone 

Plus l'itinéraire de culture est économe en gaz à effet de serre (GES), plus le potentiel de valorisation des graines est élevé. On dépasse donc le stade des bonnes intentions. Pour s'orienter vers des pratiques vertueuses, avoir accès aux appels d'offres et ne pas être soumis aux taxes infligées par Bruxelles aux mauvais élèves, les gros consommateurs de carburants (flottes publiques, transporteurs…) sont prêts à payer plus cher. « Les critères de durabilité vont de facto réduire la demande d'énergies fossiles et, surtout, faire baisser les importations de produits à base de soja et d'huile de palme », explique Damien Sagot. Cette logique vaut non seulement pour les biocarburants, mais aussi pour les huiles végétales et d'autres matières premières issues de la transformation des produits agricoles. Mathématiquement, la demande de colza européen va se consolider, avec une acuité renforcée sur le critère de la durabilité, qui peut bénéficier au stock français.

Nouveau carburant et nouvelle place de marché

Ces perspectives dépassent le stade des projections. En inaugurant une place de marché numérique dédiée aux oléagineux (OleoZE) et en commercialisant un combustible garanti bas carbone, Saipol, filiale du groupe Avril, incarne déjà cette mutation du marché des biocarburants, qui tend à valoriser les modes de production durables. La plateforme OleoZE est conçue pour définir la valeur des graines mises en vente par les producteurs et récompenser les plus vertueuses par une meilleure rémunération. Et Saipol montre ainsi la voie avec Oleo100, un biocarburant qui garantit 60 % de réduction d'émissions de GES, entre la culture et sa transformation industrielle.

L'intérêt des industriels pour le colza français va donc se renforcer, pour atteindre les objectifs d'ores et déjà définis par l'Europe et pour gagner de nouveaux marchés. Début 2020, il était ainsi question de créer une filière nationale pour les biocarburants aéronautiques durables, un élément de la stratégie gouvernementale "bas carbone".

Tout le potentiel du colza en chiffres !

1 tonne de colza français, c’est :

  • 56 % de tourteau
  • 15 % d'huile
  • 3 % de glycérine
  • 26 % de diester pour la production de biocarburants

De 25 000 mètres cubes d'Oleo100 produits aujourd'hui, Saipol ambitionne de passer à 250 000 mètres cubes à l'horizon 2023 ! 

(1) Gaz à effet de serre.

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