Environnement
J. Denormandie appelle à investir dans des crédits carbone agricoles français

Julien Denormandie a participé à une table ronde sur le carbone. (©Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr)
Julien Denormandie a participé à une table ronde sur le carbone. (©Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr)

Le ministre français de l'agriculture, Julien Denormandie, a appelé lundi à « poursuivre les efforts de structuration de ce marché » en croissance, lors d'une table ronde réunissant institutions et entreprises, précisant que son ministère atteindrait « la neutralité carbone en 2022 ».

Il a annoncé pour ce faire le lancement d'un appel d'offres de 400 000 euros fin mars, pour l'achat de crédits carbone générés par les pratiques durables des agriculteurs.

« Nos agriculteurs sont de véritables soldats du climat », a affirmé le ministre, rappelant que le monde paysan, aux premières loges du changement climatique, travaillait à réduire ses émissions mais avait aussi développé des techniques pour séquestrer du carbone dans le sol. « Que ce soit par la plantation de haies, l'ajustement de l'alimentation des animaux ou encore la culture de protéines végétales, les solutions existent et doivent se massifier », a-t-il dit.

« Ces solutions doivent être mieux connues et mobilisées par les acteurs s'engageant dans la compensation volontaire de leurs émissions de carbone », a-t-il plaidé.

« Le marché de la compensation volontaire de carbone est en pleine expansion avec environ 190 millions de tonnes équivalent CO2 de crédits carbone qui ont été échangées sur le marché mondial en 2020, soit presque le double de 2019 », selon le ministère.

Le gouvernement estime que la demande mondiale pourrait être multipliée par 15 d'ici 2030, et par 100 d'ici 2050, mais déplore que « seuls 1,5 % des crédits mondiaux » soient aujourd'hui générés sur le territoire européen.

La marge de croissance se situe dans le secteur agricole, qui représente aujourd'hui moins de 0,1 % des crédits carbone mondiaux.

Un des principaux freins au développement de ce marché est le prix de la tonne de CO2, entre 30 et 40 euros en moyenne en France, contre 5 à 8 euros en Amérique latine. « Parce qu'introduire des légumineuses est bien plus onéreux que d'arrêter la déforestation », a résumé Julien Denormandie, appelant à « une démarche proactive et pas seulement comptable », qui concilie « création de valeur environnementale et économique ».

Cette volonté de « faire avancer la structuration du marché » des crédits carbone agricoles est également portée par le ministre dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne.

L'« agriculture bas-carbone », objet d'un projet législatif de la Commission attendu fin 2022, sera au cœur d'une réunion informelle des ministres européens de l'agriculture, les 7 et 8 février à Strasbourg.

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