Avec Zoomlion en tête de gondole, ils ont fait sensation lors du dernier Agritechnica. Loin du buzz et des paillettes du salon, ils ont en réalité déjà largement commencé à rayonner à travers le monde. Les constructeurs chinois sont aujourd’hui les principaux fournisseurs d’agroéquipements en Afrique subsaharienne, avec 35 % de parts de marché, en Asie, où ils accaparent 41 % du secteur, mais aussi en Amérique latine, où ils atteignent 17,4 %. Des régions du globe en plein dynamisme, quand l’Europe et les États-Unis patinent.
Sur l’emblématique marché des tracteurs, les USA, touchés pas de nouvelles barrières tarifaires, terminent ainsi l’année en recul de 10 %, avec 196 000 unités écoulées, ce qui constitue le pire résultat depuis 13 ans ! Sur le Vieux Continent, la France et l’Allemagne, les deux marchés moteurs traditionnels, ont dévissé en 2025, alors que des signes de reprise viennent de l’Italie et de l’Espagne. Et pendant ce temps, l’Inde atteint un sommet historique, avec 1,1 million de tracteurs mis en service, en progression de 20,9 % par rapport à 2024.
Les régions en développement ciblées
« Une nouvelle géographie de la production agricole prend forme et, avec elle une nouvelle géographie du commerce mondial des machines agricoles », analyse la FederUnacoma, le syndicat des constructeurs italiens et organisateur de l’Eima, à l’origine de cette étude économique.
Car pour répondre aux besoins de la population mondiale, l’agriculture mondiale devra augmenter sa production de 14 % d’ici 2034. « Et cela sera uniquement possible grâce une plus grande diffusion de la mécanisation et des technologies numériques qui vont avec », met en avant Mariateresa Maschio, la présidente de FederUnacoma. Les constructeurs chinois l’ont bien compris : les régions les plus concernés par cette forte croissance démographique, comme l’Asie ou l’Afrique subsaharienne, sont celles où ils sont déjà solidement implantés.
L'Europe en ligne de mire
Côté business, la FederUnacoma table sur une reprise du commerce mondial des machines agricoles entre 2026 et 2029, pour atteindre un volume final de 92,5 milliards d'euros. Là encore, ce sont les zones où les constructeurs chinois concentrent leurs efforts qui devraient enregistrer les progressions les plus significatives pendant cette période : l’Afrique subsaharienne (+ 4,8 %), l’Asie (+ 3,8 %) et l’Amérique latine (+ 2,9 %).
Le Vieux Continent n’est pas oublié, la démonstration de force de Zoomlion à Agritechnica le prouve. « Les fabricants chinois gagnent également des positions sur un marché des agroéquipements avancé comme l’Europe où ils occupent déjà 9,3 % », note la FederUnacoma.