Bruxelles propose de débloquer de façon anticipée 45 milliards d'euros dès 2028 pour soutenir le secteur agricole. Ce geste est décidé alors que la Commission européenne s'apprête à signer un accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur, qui provoque l'ire des syndicats agricoles européens.
Et l'annonce a lieu à la veille d'une réunion spéciale des ministres de l'agriculture à Bruxelles, visant à répondre aux « préoccupations » du secteur. Avec le Mercosur, la réforme de la Pac 2028-2034 est l'un des motifs de la colère des agriculteurs, qui ont défilé le 18 décembre à Bruxelles.
Jusqu'ici, la Commission européenne leur promettait un « minimum » de 300 milliards d'euros de revenus directs dans la future Pac, contre 387 milliards durant la période 2021-2027.
Dans un courrier daté de mardi, Ursula von der Leyen propose une série d'aménagements, dont ce déblocage de 45 milliards d'euros dès 2028. Cette somme est une anticipation de versement de fonds qui auraient été potentiellement disponibles plus tard, lors d'une révision à mi-parcours de la future politique agricole commune.
Cette annonce ressemble à une ultime concession avant la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, envisagée le 12 janvier. Ursula von der Leyen a besoin au préalable du feu vert des Etats membres, lors d'un vote attendu dès vendredi.
Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.
En sens inverse, il faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.