« On a des tendances qui sont hétérogènes sur l'ensemble de la France, selon les pluies récentes », a résumé Violaine Bault, hydrogéologue du Bureau de recherche géologique et minière, en présentant à la presse la situation au 1er février.
« On a vraiment une dégradation des situations entre décembre et janvier sur les deux-tiers nord de l'Hexagone, sauf évidemment sur la Bretagne », où des pluies abondantes ont même causé des inondations, a-t-elle ajouté.
Dans son bulletin mensuel, le service géologique national rapporte ainsi que les nappes se remplissent peu sur cette partie nord du pays ainsi qu'au Sud-Ouest. « Les situations se dégradent progressivement mais restent généralement satisfaisantes », tandis que « les nappes du Nord-Est affichent des situations plus inquiétantes », observe le BRGM.
Le pays a connu en janvier des pluies abondantes sur la Bretagne, le Roussillon et la Corse, entraînant des inondations, avec un excédent pluviométrique de 30 %, selon le bilan climatique de Météo-France publié début février.
Déficit marqué dans le Nord-Est
Mais le Nord-Est est resté à l'écart de ces tendances, avec un déficit de précipitations marqué, parfois de près de 50 % sur le nord de la Bourgogne.
A l'échelle du pays, « les niveaux des nappes se détériorent par rapport à décembre. Les situations sont hétérogènes, de bas à très hauts : 40 % des points d'observation sont sous les normales mensuelles, 24 % sont comparables et 36 % sont au-dessus (respectivement 30 %, 24 % et 46 % en décembre) », précise le BRGM dans son bilan de janvier.
Pour l'avenir, il reste prudent en estimant que « les tendances et l'évolution des situations des nappes sur les prochaines semaines dépendront exclusivement des pluies infiltrées, et donc des cumuls pluviométriques, et du temps de réponse de la nappe ».
Parmi les nappes dites réactives - qui réagissent rapidement aux précipitations - les situations devraient « être plus favorables sur le Roussillon et le Languedoc que les quatre étés précédents », marqués par des sécheresses importantes dans ces régions.
Mais « les prévisions sont plutôt pessimistes pour les nappes du Nord-Est, affichant des niveaux bas en janvier 2026 », conclut le BRGM.