Commercialisation des céréales « Être formé et maîtriser les marchés, c’est gagner 30 à 40 € la tonne »

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Président fondateur d’Offre et demande agricole, Renaud de Kerpoisson plaide pour la formation continue des agriculteurs en matière de commercialisation. « Parmi les agriculteurs formés à ces éléments, il y a des gens qui gagnent très bien leur vie, même dans les moments difficiles », assure-t-il.

[Vidéo] Plaidoyer de Renaud de Kerpoisson pour la formation des agriculteurs aux marchés agricoles

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« Entre les agriculteurs qui se forment maintenant à la commercialisation de leurs productions et ceux qui ont dix ans d’expérience en la matière, je constate parfois un écart de 30 ou 40 €/t dans les résultats d’exploitation. » Renaud de Kerpoisson, président fondateur d’Offre et demande agricole, plaide pour une meilleure formation des agriculteurs aux marchés céréaliers et pour une plus grande maîtrise de la commercialisation de leurs récoltes.

« Il y a encore seulement quelques années, les agriculteurs n’avaient pas la nécessité d’avoir une connaissance fine de leurs coûts de production. Or tout a changé ! Les marchés sont plus complexes et plus volatils. » Dès lors, les agriculteurs peuvent-ils aujourd’hui se passer de la connaissance de leurs coûts de production à la tonne de blé produite et de leur prix d’objectif ? « Assurément non. Connaître son prix objectif, c’est d’abord savoir qu’on va gagner de l’argent. Malheureusement, dans le contexte actuel, les agriculteurs ne savent pas s’ils vont en gagner ou pas. Connaître son coût de production permet d’anticiper et réagir vite en fonction des opportunités de marché qui peuvent se présenter. »

Et pourtant, selon un récent sondage (1), près de la moitié des producteurs de céréales affirment ne pas connaître précisément le coût de revient d’une tonne de blé.

A lire >> Commercialisation des céréales - Près de la moitié des producteurs ne connaissent pas leur coût de revient

Si une majorité de producteurs de grandes cultures ne connaissent pas leurs coûts de production à la tonne, c’est avant tout à cause d’un déficit de formation initiale. « Nous avons vécu dans un monde assisté pendant des dizaines d’années. Même dans les écoles d’agriculture ou les BTS, il n’y a pas de cours sur la mise en marché, sur la formation des prix. Les agriculteurs doivent mieux se prendre en main. »

« Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance, disait Abraham Lincoln. C’est très provocateur mais c’est très vrai », estime l’expert. Nous serions très mal soignés si nos médecins ne se formaient pas régulièrement. Dans le commerce, c’est la même chose : tout bouge. Alors formez-vous ! »

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(1) Sondage en ligne réalisé sur terre-net du 31 janvier au 7 février 2017 auprès de 1388 répondants
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