[Vidéo] Nissan e-NV 200 électrique B. Gribeauval : « Économique, confortable et nerveux mais long à recharger »

Terre-net Média

Neige, pluie, vent... qu’importe le temps, les agriculteurs profitent aussi de l’hiver pour tester du matériel et vérifier si leur utilisation répond à leur besoin. C'est l'exercice auquel Benjamin Gribeauval, agriculteur dans la Somme, s'est livré. Après une rapide prise en main du Nissan e-NV 200, la version 100 % électrique de l'utilitaire, les premières impressions fusent. Absence de bruit, confort, nervosité, capacité de chargement, autonomie... Benjamin a passé le véhicule au peigne fin.

Durant l'hiver, alors que le matériel agricole est remisé et que les parcelles sont peu praticables, autant en profiter pour tester d'autres machines que des tracteurs ! La rédaction s'est donc lancée à la recherche d'un véhicule utilitaire 100 % électrique pour vérifier si ses performances répondent aux conditions agricoles. Dans le rôle de l'essayeur, Benjamin Gribeauval, éleveur de bovins viande à Behencourt dans la Somme, a pris les commandes du Nissan e-NV 200 Connecta.

À peine installé aux commandes, l'éleveur de bœufs a été frappé par l'absence de bruit. « C'est la première fois que je monte à bord d'une voiture électrique et autant dire que la première sensation est étrange : quand j'actionne l'interrupteur marche/arrêt, c'est comme si il ne se passait rien ! » C'est du moins la sensation donnée par l'absence de bruit de démarrage. « Quelques clics ici ou là, c'est tout. C'est d'ailleurs là qu'on prend vraiment conscience que sous le capot, adieu le "bon vieux" moteur thermique. » Pour vérifier, il suffit d'ouvrir le compartiment moteur pour remarquer la différence. Hormis les organes d'asservissement, le moteur est à peine visible sous ses carters en aluminium. Il paraît minuscule.

742 kg de charge utile et jusqu'à deux palettes Euro

En termes d'espace, rien a redire. « Le confort est là, bien que l'on soit à bord d'un véhicule utilitaire, on est bien installé. Je regrette juste qu'il n'y ait pas trois places à l'avant, comme c'est souvent le cas avec les modèles classiques », souligne Benjamin. À l'arrière, 4,2 m 3 de capacité de chargement permettent de charger deux palettes type Euro. Traduit en poids, l'opérateur peut embarquer jusqu'à 742 kg de charge utile. Et pour les adeptes de la remorque tractée, soyez vigilants car la carte grise autorise seulement 450 kg de charge remorquable.

Pour ne pas encombrer et perdre d'espace, les ingénieurs de la marque ont opté pour fixer les batteries sous le plancher de la caisse arrière. Sans oublier les passages de roues étroits et les crochets de fixation prévus pour arrimer correctement son chargement. « À la coopérative, le technicien a réussi à embarquer la palette de semences directement avec son chariot élévateur, soit environ 500 kg de semences », précise le fermier. Même si l'autonomie du véhicule n'a pas été mesurée à charge, il est facile d'imaginer qu'elle baisse. Mieux vaut partir la batterie rechargée si vous devez circuler à charge.

Le technicien a chargé directement la palette de semences dans la caisse

Le gabarit de la zone de chargement est plutôt généreux : 2,04 m de long, 1,5 m de large au niveau de la porte latérale et 1,36 m entre les passages de roues. Les portes s'ouvrent selon le principe du 60/40, laissant ainsi suffisamment de place pour charger ou décharger un carton. « En clair, pas besoin d'ouvrir systématiquement les deux portes ! », précise l'essayeur. Et d'ajouter : « sur mon exploitation agricole, le facteur limitant sur ce type de véhicule est la garde au sol. Les chemins d'exploitation ne sont pas en très bon état alors mieux vaut de la hauteur pour ne pas accrocher le dessous, voire de rester "poser au sol" ! »

Autonomie variable selon le mode de conduite et le chargement

Point de vue autonomie, le tableau de bord indique 200 km environ à pleine charge de la batterie de 40 kWh. « La donnée s'adapte en permanence pour prendre en compte ma façon de conduire. Je déconseille ce type d'énergie aux mordus de la pédale d'accélérateur. La conduite nerveuse fait chuter l'autonomie direct ! Et pourtant, le moteur électrique en a sous le pied, il est réactif », indique Benjamin. Avec le mode « éco » désactivé, l'accélération est impressionnante ; plus d'un sont restés sur le tas lorsque le feu tricolore est passé au vert. Cependant, pour préserver la batterie, il est recommandé de modérer les accélérations et de limiter sa vitesse de croisière ! « Au final, c'est comme avec une voiture thermique : plus je joue avec l'accélérateur, plus je passe à la pompe », conclue Benjamin.

Passer du thermique au 100 % électrique demande donc un temps d'adaptation. Il faut vraiment apprendre à gérer l'autonomie du véhicule et avoir une utilisation en conséquence. « Ce n'est pas une technologie faite pour les grands rouleurs. Et il ne faut rien négliger, à l'image de la climatisation ou du chauffage qui doivent être stoppés dès qu'ils sont inutiles. Aussitôt, l'indicateur d'autonomie gagne des kilomètres qui peuvent vous éviter de rester sur le bord de la route ! Autre réflexe à acquérir : brancher la voiture lorsqu'elle n'est pas utilisée pour éviter la panne sèche », dit l'éleveur en souriant.

Temps de charge très long sur la prise secteur 220 V

D'autant plus que côté temps de charge, le modèle essayé possède seulement le chargeur sur prise 220 V. « C'est simple, il suffit d'ouvrir la trappe à l'avant de la voiture, comme sur un modèle thermique. Ensuite, il faut connecter la prise sur le véhicule avant de relier l'autre prise sur le secteur. Le bémol concerne la durée de charge. Par exemple, avec la batterie à 20 % de sa charge restante, comptez 18 h avant de retrouver la pleine capacité. La nuit suffit généralement, il faut éviter d'oublier de la brancher en rentrant le soir. Sinon, c'est long ! » 

L'agriculteur note enfin le gros avantage économique de la technologie. La marque annonce environ 3 € les 100 kilomètres. Diesel ou essence ont du souci à se faire, surtout que l'opérateur ne dépend plus de la fluctuation du prix des carburants à la pompe. Celui de l'électricité est stable et de plus en plus d'agriculteurs en produisent à la ferme grâce à leur installation photovoltaïque par exemple. « Là, c'est intéressant car le plein ne coûte pas cher ! », termine l'éleveur.


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