[Interview] Massey Ferguson Philippe Bidet : « Le tracteur simple et fiable du 21e siècle »

Terre-net Média

En cette rentrée 2015, Massey Ferguson lance simultanément deux nouvelles moissonneuses-batteuses, dont une à 4 cylindres, et un tracteur de petite puissance. Philippe Bidet, responsable publicité et promotion des ventes, a répondu aux questions de la rédaction sur la tendance actuelle à la simplification des matériels agricoles.

Philippe BidetPhilippe Bidet, responsable publicité et promotion des ventes (©Massey Ferguson)

Terre-net (TN) : Pourquoi lancer en cette fin d’année des produits plus simples que précédemment ? Est-ce une démarche structurelle ou conjoncturelle ?

Philippe Bidet (PB) : L’introduction de modèles produits plus simples et plus petits dans les gammes Massey Ferguson récolte, avec les moissonneuses MF 7340 et MF 7344, puis dans le domaine des tracteurs avec les nouveaux MF 4700, correspond non pas à une nouvelle orientation du marché, mais à un retour à des offres adaptées aux exploitations de taille moyenne avec de l’élevage.

Les constructeurs se sont laissés porter par le marché lorsqu’il s’est orienté vers la grande culture, friande en matériels évolués, de plus en plus puissants et pouvant accompagner l’accroissement de leur SAU. Parallèlement, les fermes de polyculture-élevage et d’élevage pur ont connu des difficultés économiques, et ont limité de fait les investissements en machinisme agricole (au profit des mises aux normes notamment).

Malgré tout, il faut bien qu’elles renouvellent leurs matériels, surtout les tracteurs qui totalisent chaque année beaucoup plus d’heures qu’en grande culture. Dans ces secteurs de production, les machines doivent être compactes, très polyvalentes, et simples d’utilisation. Inutile en effet d’avoir une multitude d’automatismes. L’offre technologique de ces matériels correspond à celle des produits des années 80 ou 90, mais elle répond aux normes actuelles de sécurité, de qualité et de limitation des émissions polluantes.

TN : Cette démarche est-elle spécifique au marché français ?

PB : En puisant dans les savoir-faire de la marque et dans les organes du groupe Agco, nous avons pu sortir une nouvelle moissonneuse d’entrée de gamme pour les petites exploitations, animée par un moteur 4 cylindres Agco Power ayant déjà fait ses preuves dans les tracteurs MF 6600. Il s’agit donc bien d’une machine moderne, parfaitement contemporaine, mais aux fonctionnalités simples répondant aux besoins des éleveurs et des polyculteurs-éleveurs. Elle peut remplacer une machine vieille de plus de 10 ans et sécurise ainsi la récolte. Être propriétaire de sa moissonneuse permet d’organiser ses chantiers comme on le souhaite plutôt que de dépendre de la disponibilité de l’entrepreneur.

L’origine de la gamme MF 4700 est similaire à celle des moissonneuses MF 7340 et MF 7344, mais avec une vision plus mondialisée. Partant d’une feuille blanche au bureau d’étude de Beauvais, la gamme MF 4700 réussit le pari d’offrir, partout dans le monde, dans les marchés émergents comme matures, un tracteur simple, fiable mais bien du 21e siècle vu les équipements présents. La conception modulaire permet d’adapter moteur et transmission aux niveaux requis dans chaque région du monde. C’est pour cette raison qu’en France, la transmission 12 x 12 propose soit l’inverseur mécanique, soit le Powershuttle, alors qu’une transmission 100 % mécanique 8 x 8 convient parfaitement à d’autres pays. Là encore, chaque utilisateur va trouver ce qui lui est nécessaire au quotidien, sans devoir acheter des fonctions qu’il ne va jamais utiliser. Les coûts d’achat et d’entretien sont donc bien plus intéressants. La productivité, comme la rentabilité de l’exploitation, en bénéficient.

TN : Selon vous, allons-nous vers une agriculture à deux vitesses ?

PB : Il n’y a pas de clivage avec une agriculture à deux vitesses. Il y a simplement des besoins différents pour des productions différentes. Et sans doute aussi, une prise de conscience du plafond technologique qui leur est utile. Au-delà de ce niveau, le surcoût pénalise l’exploitation.

TN : Selon vous, sommes-nous allés trop loin dans les technologies embarquées ? Pourquoi ?

PB : Au final, l’offre constructeur doit participer à la croissance des entreprises agricoles, plus ou moins importante. Quand la technologie apporte de la plus-value aux agriculteurs, elle doit être au cœur des évolutions des matériels. Dans le cas contraire, il faut se concentrer sur l’essentiel. Ainsi, la marque doit aussi proposer des modèles procurant le « juste nécessaire ».


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous