Bilan météorologique Après 16 mois doux consécutifs, octobre 2020 rompt la série

Terre-net Média

Le mois d’octobre 2020 est venu interrompre une longue série de 16 mois consécutifs doux à chauds, marqué par une certaine fraîcheur dans un contexte perturbé, donc humide et sombre. Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews, dresse le bilan de ce mois d’automne.

La fraîcheur arrivée fin septembre a perduré une bonne partie du mois d’octobre, notamment lors des deux premières décades, alternant ensuite avec un peu plus de douceur en fin de mois.

En conséquence, avec une moyenne nationale de 12,7 degrés, octobre 2020 dégage un déficit thermique de 0,7 degré par rapport à la normale 1981-2010 et de 0,9 degré par rapport à la normale 1991-2020 qui a donc pris 0,2 degré.

Quelques gelées se sont produites en plaine à Châteaudun, Châtillon-sur-Seine, Grenoble ou encore Nevers les 18 et 19. Le minimum absolu national à basse altitude a été atteint le 19 à Grenoble avec - 1,2 degré. À l’inverse, Mont-de-Marsan a enregistré 26,8 degrés de maximum le 21, valeur la plus élevée au cours du mois en France métropolitaine.

Sur les 10 premiers mois de l’année, avec 14,72 degrés de moyenne, l’année 2020 est la plus chaude mesurée en France sur cette période, battant assez largement les 14,43 degrés de 2018 !

Beaucoup de pluie

Dans la continuité de la fin septembre, octobre a vu de nombreuses perturbations circuler sur la France, souvent actives, apportant donc des quantités de pluie importantes. L’Hexagone a ainsi reçu une moyenne de 115 mm de précipitations dans le mois pour une normale trentenaire de 85 mm. L’excédent est donc important, atteignant 35 %. Ces pluies conséquentes et régulières ont mis totalement fin à la sécheresse de surface et permis le début de remplissage des nappes phréatiques en toutes régions.

Bien que bien arrosé, octobre 2020 est dépassé par 13 mois d’octobre encore plus pluvieux depuis 1946. C’est à Montpellier qu’il a le moins plu avec 18 mm de pluie dans le mois. Et c’est à Dax que les quantités de pluie les plus importantes ont été mesurées avec 355 mm dans le mois !

Soleil perdant

Le courant dépressionnaire bien installé a maintenu un ensoleillement bien faiblard, comme lors de la troisième décade de septembre. Les belles journées ensoleillées sont restées rares sur la plupart des régions.

Résultat : la France a vu le soleil briller durant 98 heures en moyenne seulement. Il faut remonter à octobre 1993 pour retrouver un chiffre au moins aussi bas (85 heures, record de faiblesse). Depuis 1946, seuls deux mois d’octobre ont été plus sombres que 2020 : 1992 et 1993. La normale étant de 136 heures, le déficit atteint tout de même 28 % ! Dijon détient le pompon avec la valeur la plus basse de France et ses 52 heures d’ensoleillement seulement ! Et Marseille-Marignane a pris la tête avec 215 heures de soleil. 

En tout début de mois, la tempête Alex balaye la Bretagne et plus particulièrement le Morbihan avec une bourrasque atteignant 186 km/h à Belle-Ile, battant le faux record d’octobre 1987 établi à 168 km/h… mais l’anémomètre avait cassé alors que le gros de la tempête n’était pas encore passé. On notera par ailleurs le passage de la tempête Barbara entre les 20 et 21, avec 110 km/h en rafales à Aurillac, 113 km/h à Clermont-Ferrand, 116 km/h au Puy et jusqu’à 155 km/h aux Sauvages (Rhône, 830 m d’altitude). Ce fut pire sur les sommets pyrénéens avec 212 km/h au Pic-de-Midi et 217 km/h à Iraty !

Un mois d’octobre frisquet très arrosé et bien tristounet, l’antithèse de cette année 2020 qui bat à nouveau des records de chaleur dans un contexte sec et lumineux. Novembre pourrait bien reprendre cette tendance avec une première décade d’ores et déjà particulièrement douce…

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D'après un communiqué de MeteoNews. Météorologue : Frédéric Decker.

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